Deux mois avant la présidence française de l’UE, la visite d’Etat du président Nicolas Sarkozy au Royaume-Uni permet de relancer l’alliance franco-britannique et de chercher à renforcer la coopération en matière d’énergie, de changement climatique, d’immigration et de sécurité.
Ce n’est pas simplement une histoire sans lendemain et « on devrait aller au-delà du petit-déjeuner », a ironisé Nicolas Sarkozy lors d’une conférence de presse commune avec M. Brown après le sommet bilatéral, organisé au Emirates Stadium, berceau du club de football Arsenal dans le nord de Londres.
Dans la tradition de « l’entente cordiale » franco-britannique datant de 1904, M. Brown a proposé une « entente formidable », répondant à l’invitation à « l’entente amicale » de M. Sarkozy dans son discours dans les deux chambres du Parlement britannique mercredi 26 mars.
Dans ce discours, qui a été ovationné, M. Sarkozy a appelé les deux pays à « dépasser nos rivalités anciennes et construire un avenir ensemble où nous serons plus forts parce que nous serons ensemble ». Cependant, il a également demandé au Royaume-Uni de jouer un plus grand rôle au sein de l’UE.
Les commentateurs politiques ont fait allusion à une nouvelle relation entre les deux pays – qui devrait être très différente de l’atmosphère « glaciale » des sommets Chirac-Blair.
Dans une déclaration conjointe, les deux dirigeants ont annoncé une série de mesures destinées à renforcer la relation entre les deux pays :
- énergie : les deux leaders ont appelé l’énergie nucléaire « l’énergie du futur ». Ils devaient conclure un accord sur une nouvelle génération de centrales électriques, mais l’accord a été reporté (EURACTIV 27/03/08).
- Coopération en matière de défense : tous deux ont signé un contrat de maintenance unique pour un futur véhicule aérien militaire construit par EADS, l’A400M, dans un effort destiné à réduire les coûts et à préserver l’interopérabilité, malgré l’insistance de l’Allemagne à faire ses propres arrangements. Cette stratégie est conforme à leur souhait de renforcer leur coopération militaire et d’améliorer les capacités militaires de l’Union.
- Réforme des institutions internationales : MM. Sarkozy et Brown ont demandé à ce que le G8 soit élargi à un G13 ou un G14 et ont réitéré leur soutien à une réforme du Conseil de sécurité pour inclure l’Allemagne, le Japon, l’Inde, le Brésil et l’Afrique en tant que membres permanents. Ils ont refusé de voir le monde du 21ème siècle gouverné par des institutions internationales du 20ème siècle.
- Immigration : les deux dirigeants ont appelé au renforcement du contrôle des frontières au port français de Calais, M. Sarkozy suggérant de conclure un pacte européen sur l’immigration qu’il souhaiterait adopter sous la présidence française afin d’améliorer le contrôle de l’immigration illégale.
- Améliorer la transparence des marchés financiers : M. Sarkozy a appelé l’ensemble des Etats membres à mettre en œuvre rapidement et de manière exhaustive la feuille de route de l’UE adoptée lors du Conseil ECOFIN de 2007, qui incitait à renforcer la supervision financière transfrontalière.
- Small Business Act : les deux leaders ont exprimé leur soutien à cette initiative de la Commission, qui s’est heurtée à de nombreuses critiques des organisations de PME qui la taxaient de « tigre de papier ». La Commission devrait présenter ses plans en juin cette année (EURACTIV 08/02/08).
- Education : les deux pays ont plaidé en faveur d’une initiative permettant à 16 millions d’enfants en Afrique d’avoir accès à l’éducation.
- Nouvelles mesures antiterroristes : Les recommandations de MM. Sarkozy et Brown comprennent le contrôle de la circulation du tunnel sous la Manche pour lutter contre le « terrorisme nucléaire ».

