Conflit au Proche-Orient : la gauche espagnole dénonce « l’hypocrisie internationale »

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Selon Mme Díaz, le droit international dans la bande de Gaza est bafoué, des crimes de guerre sont commis et des enfants sont tués tous les jours, et ce, avec la complicité et le silence de l’ensemble de la communauté internationale. [Shutterstock/ARDIELPHOTO.COM]

La cheffe du parti de gauche espagnol Sumar et ministre du Travail, Yolanda Díaz, se rendra en Palestine pour signer plusieurs accords bilatéraux, exiger un cessez-le-feu et condamner « l’hypocrisie » de la communauté internationale à l’égard du conflit au Proche-Orient, ont confirmé mercredi (14 février) des sources officielles.

Mme Díaz, qui est également vice-première ministre, se rendra dans la région à l’invitation du ministre palestinien du Travail pour signer un mémorandum sur les relations de travail. Elle profitera également de l’occasion pour rencontrer des associations de défense des droits humains et exiger un cessez-le-feu immédiat à Gaza, a déclaré la ministre à l’agence EFE, partenaire d’Euractiv, mercredi (14 février).

Elle prévoit également de dénoncer « l’hypocrisie internationale » qui règne dans ce conflit.

Selon Mme Díaz, le droit international dans la bande de Gaza est bafoué, des crimes de guerre sont commis et des enfants sont tués tous les jours, et ce, avec la complicité et le silence de l’ensemble de la communauté internationale.

La reconnaissance de l’État palestinien était l’une des conditions sine qua non pour que le mouvement espagnol de gauche Sumar signe un accord de coalition avec le Premier ministre par intérim Pedro Sánchez.

Selon ces mêmes sources, la date définitive du voyage, dont le Premier ministre Pedro Sánchez a été informé, n’a pas encore été fixée, mais on s’attend à ce qu’elle soit imminente.

L’Espagne prête à prendre des mesures « unilatérales »

Le Premier ministre a déclaré à la fin de l’année dernière que Madrid était prête à prendre unilatéralement cette mesure historique si ses partenaires de l’UE ne le faisaient pas.

Cette semaine, le ministre des Affaires étrangères, José Manuel Albares, a déclaré que l’Espagne « prendrait ses propres décisions » pour reconnaître un « État palestinien » s’il n’y avait pas de consensus parmi les États membres de l’UE.

Dans une interview publiée lundi par Saudi Arab News, M. Albares a déclaré que Madrid était prête à prendre une telle mesure seule.

« Nous dialoguons avec les États membres de l’UE pour voir comment nous pouvons aller de l’avant. Si nous ne parvenons pas à un consensus, l’Espagne est un pays souverain et prendra ses propres décisions », a déclaré le ministre espagnol.

M. Albares a également souligné que la paix au Moyen-Orient ne peut être obtenue que par la création d’« un seul État palestinien, réunissant Gaza et la Cisjordanie avec une seule Autorité palestinienne connectée à un corridor avec une sortie vers la mer et avec Jérusalem-Est comme capitale ».

Le ministre a insisté sur le fait qu’il s’agissait là d’une « véritable solution », « juste pour le peuple palestinien et la meilleure garantie de sécurité pour Israël et de paix au Moyen-Orient ».

Propos controversés de Pedro Sánchez sur le Hamas

En novembre 2023, M. Sánchez s’est rendu en Israël, en Palestine et en Égypte avec le Premier ministre belge Alexander De Croo pour démontrer que l’Espagne reconnaîtrait unilatéralement l’État palestinien si la communauté internationale ne prenait pas de décisions communes dans ce sens.

À Ramallah, devant Mahmoud Abbas, le président de l’Autorité nationale palestinienne (ANP), M. Sánchez a défendu la lutte commune contre le terrorisme à la suite des attentats du Hamas du 7 octobre et a réitéré l’engagement de Madrid en faveur de la coexistence de deux États, Israël et la Palestine.

Lors de sa visite au poste-frontière de Rafah, M. Sánchez a souligné que « le meurtre aveugle de civils innocents, dont des milliers d’enfants, est totalement inacceptable ».

Ses propos ont déclenché une brève crise diplomatique avec Israël et avec les partis de droite en Espagne, y compris le parti d’extrême droite Vox, ainsi qu’au sein du Parlement européen.

Le président du Parti populaire européen (PPE), Manfred Weber, a alors accusé M. Sánchez de diviser l’Europe en « applaudissant les terroristes du Hamas ».

L’Irlande et l’Espagne demandent à l’UE de « réexaminer d’urgence » ses relations commerciales avec Israël

L’Irlande et l’Espagne ont demandé à ce que la Commission européenne procède à « réexamen urgent » pour savoir si Israël respecte ses obligations en matière de droits humains dans le cadre de son accord commercial avec l’UE, selon une lettre commune vue par Euractiv.

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