Soutenant un appel lancé par l’Irlande et l’Espagne, 78 membres du Parlement européen représentant une majorité de groupes politiques ont déclaré qu’ils soutiendraient une révision de l’accord d’association UE-Israël. Cette révision est motivée par la violation par Tel-Aviv de ses obligations en matière de droits humains à Gaza, d’après une lettre obtenue par Euractiv.
Le Premier ministre irlandais Leo Varadkar et le Premier ministre espagnol Pedro Sánchez ont lancé mercredi dernier (14 février) un appel commun pour un réexamen d’urgence des relations commerciales avec Israël afin de déterminer si le pays respecte ses obligations en matière de droits humains dans le cadre de son accord commercial avec l’UE, demandant à la Commission européenne de proposer des « mesures appropriées » qui pourraient être prises s’il s’avérait qu’Israël est en infraction.
Israël a signé un accord d’association avec l’UE en 1995, mais a annulé les négociations annuelles en 2013 pour protester contre la décision de Bruxelles d’établir une distinction entre les colonies israéliennes en Cisjordanie et le reste d’Israël dans tous les accords.
La lettre, distribuée aux eurodéputés pour signature depuis mercredi après-midi, appelle également à « un réexamen urgent de la question de savoir si Israël respecte ses obligations, y compris dans le cadre de l’accord d’association UE-Israël », sans entrer dans les détails.
Les 78 eurodéputés, dont une seule présidente de groupe politique, l’Espagnole Iratxe García Pérez, présidente des Socialistes et Démocrates européens (S&D), veulent garantir le respect de l’article 2 de l’accord, qui prévoit que les relations entre l’UE et Israël « sont fondées sur le respect des droits humains et des principes démocratiques ».
Ils demandent également à la Commission de présenter des « mesures appropriées à prendre » dès que possible, « pour assurer la cohérence de l’action extérieure de l’UE ».
Toutefois, toute décision finale concernant une éventuelle révision de l’accord d’association relève des États membres de l’UE.
« Nous réitérons notre condamnation totale des attaques terroristes abominables commises par le Hamas le 7 octobre et notre appel à la libération immédiate et inconditionnelle des otages restants », poursuit la lettre.
« Cependant, le droit légitime d’Israël à se défendre ne peut être exercé que dans le respect du droit international », soulignent les eurodéputés.
« Avec plus de 28 000 civils tués — dont 70 % de femmes et d’enfants — et près de 2 millions de personnes déplacées, il est impossible de considérer que les actions israéliennes sont conformes aux principes obligatoires de distinction, de proportionnalité et de précaution », concluent-ils.
La majorité des signataires sont des députés européens de nationalité espagnole et irlandaise, mais on trouve également des eurodéputés belges, portugais et français représentant la majorité des groupes politiques : le Parti populaire européen (PPE) de centre droit, les Socialistes et Démocrates (S&D), le groupe libéral Renew, le groupe de La Gauche (GUE/NGL), et les Verts.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


