Dans un entretien exclusif accordé à EURACTIV, l’eurodéputé roumain socialiste Adrian Severin critique vivement le ministre italien de l’Intérieur Roberto Maroni concernant la demande de démonter immédiatement les campements des Roms et d’arrêter leurs habitants.
M. Severin, qui est un ancien ministre des Affaires étrangères et rapporteur de l’ONU sur les droits de l’homme, a déclaré aux dirigeants européens d’avertir plus d’énergétiquement le gouvernement italien concernant la rhétorique de la haine à l’encontre des immigrants. Il a ajouté qu’il était prêt à agir comme une personne dénonçant les abus parce que, de son point de vue, il s’agit de son «devoir européen».
« N’étant ni xénophobe, ni raciste, nous, les Roumains, ne sommes pas malsains », a poursuivi M. Severin. Il a plutôt déclaré que les personnes « malsaines » sont celles qui veulent voir une telle rhétorique se matérialiser en des politiques concrètes. « Les idées européennes ne doivent pas devenir victimes de cette maladie. C’est pour cette raison que nous devons intervenir rapidement, comme nous l’avons fait dans l’affaire de la vache folle, par exemple », a affirmé l’eurodéputé roumain.
M. Severin, qui préside la délégation UE-Ukraine au Parlement européen, a également critiqué la récente initiative conjointe de la Pologne et de la Suède concernant le ‘partenariat oriental’ visant à améliorer les liens avec l’Arménie, l’Azerbaïdjan, la Biélorussie, la Georgie, la Moldavie, et en particulier l’Ukraine. Il a estimé que cette idée a été lancée sans une description appropriée du champ d’application, des moyens et des raisons. Et à présent chacun spécule ».
Il a remarqué que les Ukrainiens n’apprécient pas l’initiative parce qu’ils la suspectent d’être perçue comme une solution de substitution à leur demande d’adhésion à l’UE. De plus, étant donné les circonstances du pays, il a ajouté que le rejet de la demande d’adhésion à l’UE de l’Ukraine devrait également impliquer un blocage de fait de sa demande d’adhésion à l’OTAN, en soulignant que ceci avait également été le cas pour d’autres pays de l’Europe orientale qui ont rejoint les deux organisations.
Il a demandé à « revoir » la politique européenne de voisinage, en déclarant qu’elle est « inconsistente, peu attrayante et très confuse ».
Concernant la Moldavie, M. Severin a déclaré que ce petit pays pouvait progresser plus rapidement, mais qu’il doit d’abord décider s’il veut « appartenir à l’Europe ou à la Transnistrie ». Il a exprimé sa peur que les autorités moldaves en place « veuillent créer une nation de l’homo sovieticus », illustré par le fait qu’ils insistent pour que leurs ressortissants parlent une langue « moldave » inventée par M. Staline.
L’eurodéputé roumain a nié le fait que son pays ait refusé de reconnaître le Kosovo parce qu’il craint des mouvements séparatistes identiques en Transnistrie. Il pense qu’il serait préférable si le Kosovo était reconnu par le droit international « uniquement lorsqu’il sera prêt à devenir un membre de l’UE et seulement au sein de l’Union européenne ».
Cependant, comme il le souligne, le Parlement européen manque de pouvoir pour définir une politique étrangère, malgré ses idées souvent jugées « audacieuses ». En faisant référence notamment à une récente séance au sujet de la Georgie dans le cadre de la commission parlementaire des Affaires étrangères, il a violemment critiqué le fossé « ridicule » entre les déclarations audacieuses de la commission et son absence de pouvoir législatif.
Il a déclaré que « cette capacité du Parlement européen d’être plus ouvert implique le danger d’être trop émotionnel et superficiel », en ajoutant que « dans le reste du monde nous sommes considérés comme exprimant l’attitude de l’UE ». Il a mis en garde contre le risque de tomber dans les stéréotypes de la Guerre Froide, en ajoutant que « nous commençons à agir comme une force d’action rapide », sans écouter toutes les facettes de l’histoire.
Pour lire l’entretien dans son intégralité, cliquez ici.

