Estonie : le ministre de l’Intérieur s’inquiète des conséquences de la crise migratoire entre la Finlande et la Russie

« En Finlande, ils peuvent atteindre le poste-frontière, mais en Estonie, ils sont arrêtés à la frontière nationale. Ils ne peuvent donc pas pénétrer sur le sol estonien », a déclaré M. Läänemets aux médias. [EPA-EFE/Radek Pietruszka POLAND OUT]

Suite de la crise des migrants à la frontière russo-finlandaise, l’Estonie voisine a décidé qu’elle ne laisserait pas entrer sur son sol les migrants envoyés par la Russie, mais qu’elle les arrêterait à la frontière, a déclaré jeudi (23 novembre) le ministre estonien de l’Intérieur, Lauri Läänemets.

Les autorités estoniennes se sont déclarées surprises qu’aucun des migrants russes venu en Estonie n’ait demandé l’asile, tandis que ceux qui ont franchi la frontière finlandaise à vélo ont été nombreux à le faire.

Selon M. Läänemets, l’explication réside dans les pratiques différentes des autorités frontalières finlandaises et estoniennes.

« En Finlande, ils peuvent atteindre le poste-frontière, mais en Estonie, ils sont arrêtés à la frontière nationale. Ils ne peuvent donc pas pénétrer sur le sol estonien », a déclaré M. Läänemets aux médias.

Il est donc plus facile d’arrêter les nouveaux arrivants à la frontière estonienne, car la plupart des tentatives d’entrée dans le pays se concentrent dans la ville de Narva, au nord-est de l’Estonie, où la frontière entre le pays et la Russie longe une rivière d’une centaine de mètres de large, avec un seul point de passage possible.

Au total, 30 personnes ont tenté de rejoindre l’Estonie au cours des sept derniers jours, ce qui fait craindre aux autorités une répétition des événements survenus la semaine dernière à la frontière finno-russe.

La Finlande accuse en effet la Russie d’organiser une crise migratoire et donc des tensions à la frontière, à quoi le pays nordique a répondu par la fermeture de ses postes-frontières, n’en laissant qu’un seul d’ouvert.

L’Estonie a donc pris les devants et si les nouveaux arrivants s’avèrent ou semblent faire partie d’une opération orchestrée par les autorités russes, ils sont arrêtés à la frontière et ne sont même pas autorisés à entrer dans le pays pour demander l’asile.

En outre, si la fermeture des postes-frontières finlandais aggrave la situation, l’Estonie se dit prête à fermer complètement les siens, tout du moins à « reconsidérer la situation », a déclaré M. Läänemets lors d’une conférence de presse du gouvernement jeudi.

Selon M. Läänemets et Veiko Kommusaar, chef adjoint du Conseil de la police et des gardes-frontières, l’office estonien de la police et des gardes-frontières est prêt à fermer les frontières si nécessaire et a stocké des barrières en béton et du fil de fer barbelé aux postes-frontière.

En revanche, « nous ne fermerons pas la frontière juste pour le plaisir de la fermer », a ajouté M. Läänemets. Aussi, « pour des raisons humanitaires, nous ne laisserons pas les femmes, les enfants ou les personnes âgées geler à la frontière », a déclaré M. Kommusaar.

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