Le Bureau international des expositions a voté mardi (28 novembre) pour que l’Exposition universelle de 2030 se tienne à Riyad, reléguant l’Italie et Busan au second plan, certains estimant que le résultat était entaché de corruption.
L’Arabie saoudite a gagné avec 165 voix sur 182, tandis que Busan en a obtenu 29 et Rome seulement 17.
« C’était malheureusement un résultat largement prévisible parce que nous avons démarré tardivement », a déclaré le ministre de l’Entreprise et du Made in Italy, Adolfo Urso. L’Expo universelle avait déjà eu lieu à Milan en 2015.
Selon le dossier de candidature de Rome, l’événement aurait rapporté 50,6 milliards d’euros au pays, créé 11 000 nouvelles entreprises et 300 000 emplois.
Mais le résultat si mauvais a suscité la controverse à Rome.
« Dans les nombreux entretiens que nous avons eus ces derniers mois dans les différentes capitales, les réponses sur la candidature ont été “nous sommes déjà engagés” », a expliqué M. Urso.
Une accusation a été portée par le président du comité de promotion de l’Exposition, Giampiero Massolo, qui a parlé de « mercantilisme » de la part de la communauté internationale, lors du vote en faveur de Riyad.
« Lorsque nous avons tâté le terrain pour comprendre quelle était la tendance, certains délégués ont répondu qu’ils s’étaient engagés auprès de notre concurrent [Riyad] depuis 2020 alors qu’il n’y avait pas encore de projet », a expliqué M. Massolo dans une interview au Corriere della Sera.
« Le comportement des grands pays européens laisse perplexe […] la dérive mercantiliste ne peut pas être stoppée par des divisions […] L’Union européenne est vaincue et devrait tirer une leçon de ce qui s’est passé », souligne-t-il.
Pourtant, deux grands événements internationaux sont déjà prévus en Italie : le Jubilé de 2025 à Rome et les Jeux olympiques de Milan-Cortina en 2026. « Inutile de récriminer […] préparons-nous à présenter au monde l’excellence du Made in Italy sous son meilleur jour », a déclaré M. Urso.


