Gaza : les dirigeants de l’UE appellent pour la première fois à une « pause » devant mener à un « cessez-le-feu »

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Des États membres tels que la Belgique, l’Irlande et l’Espagne appellent à un cessez-le-feu depuis le mois d’octobre. [EPA-EFE/MOHAMMED SABER]

Les chefs d’État et de gouvernement de l’UE qui se réunissent pour un sommet européen de deux jours ont appelé pour la première fois jeudi (21 mars) à une « pause humanitaire immédiate menant à un cessez-le-feu durable » à Gaza et ont exhorté Israël à ne pas lancer une offensive terrestre majeure dans la ville de Rafah, située à l’extrême sud de la bande de Gaza.

« Le Conseil européen appelle à une pause humanitaire immédiate menant à un cessez-le-feu durable », ont déclaré les dirigeants de l’Union européenne après leur premier jour de réunion à Bruxelles.

À la suite de l’incursion du Hamas palestinien sur le territoire israélien le 7 octobre dernier, Israël a mené une opération militaire en représailles contre Gaza. Depuis le début de la guerre, l’UE s’est efforcée d’apporter une réponse unifiée à l’opération militaire israélienne. Ce qui n’a pas toujours été chose aisée.

Alors que des États membres tels que la Belgique, l’Irlande et l’Espagne appellent à un cessez-le-feu depuis le mois d’octobre, certains pays se sont montrés plus réticients.

Le Premier ministre belge Alexander De Croo a déclaré aux journalistes à Bruxelles que « progressivement, d’autres pays se sont ralliés à notre position et le fait que les États-Unis aient adopté [cette position] a également joué un rôle ».

Les États membres qui soutiennent davantage Israël, tels que la République tchèque et la Hongrie, avaient précédemment bloqué l’appel à un cessez-le-feu, craignant qu’il ne remette en cause le soutien de l’Union au droit d’Israël à l’autodéfense.

En février, tous les ministres des Affaires étrangères de l’UE, à l’exception de celui de la Hongrie, ont approuvé l’appel à un cessez-le-feu dans la bande de Gaza assiégée. Budapest a finalement levé son blocage jeudi.

En outre, les dirigeants de l’UE ont « exhorté le gouvernement israélien à ne pas entreprendre d’action militaire à Rafah qui aggraverait une situation humanitaire déjà catastrophique et empêcherait la fourniture des services de base et de l’aide humanitaire dont le besoin est urgent ».

Ils ont également souligné que plus d’un million de Palestiniens « cherchent actuellement à se mettre à l’abri des combats et à accéder à l’aide humanitaire ».

S’adressant aux journalistes après le sommet de jeudi, le président du Conseil européen, Charles Michel, et la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, ont mis en garde contre une escalade du conflit au Moyen-Orient.

« Nous croyons au droit international, nous croyons au droit humanitaire international, et c’est pourquoi tout doit être fait pour convaincre, pour s’assurer qu’il y a une réelle possibilité d’accès à l’aide humanitaire », a déclaré M. Michel aux journalistes.

Les Nations unies et les organisations humanitaires ont tiré la sonnette d’alarme concernant le risque de famine, et les dirigeants de l’UE ont appelé à un « accès humanitaire total, rapide, sûr et sans entrave » à Gaza.

Les dirigeants de l’Union se sont déclarés « profondément préoccupés par la situation humanitaire catastrophique à Gaza et ses effets disproportionnés sur les civils, en particulier les enfants, ainsi que par le risque imminent de famine causé par l’entrée insuffisante d’aide à Gaza ».

Une conclusion approuvée par les dirigeants des Vongt-Sept appelle également à « la libération inconditionnelle de tous les otages ».

Les États-Unis proposeront jeudi au Conseil de sécurité des Nations unies une résolution appelant à un cessez-le-feu à Gaza et à un accord entre Israël et le Hamas sur la prise d’otages.

Par le passé, Washington a opposé à plusieurs reprises son veto à des résolutions du Conseil de sécurité des Nations unies visant à mettre fin à la guerre, ce qui fait de cette mesure la première significative depuis le début de la guerre.

Accord politique de l’UE pour sanctionner le Hamas et les colons israéliens extrémistes

Après des semaines de désaccords, les ministres des Affaires étrangères de l’UE se sont enfin mis d’accord pour imposer des sanctions aux colons israéliens qui ont attaqué des Palestiniens en Cisjordanie et de renforcer les sanctions à l’encontre des membres du Hamas.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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