La mission de l’UE en mer Rouge visant à protéger les navires commerciaux des attaques des rebelles houthis porte ses fruits, mais elle demeure confinée à une petite zone d’opération en raison d’un manque de navires et d’autres moyens, ont déclaré des responsables de l’UE lors d’une conférence de presse lundi (8 avril).
« Moins de deux mois après son lancement, l’opération a [permis d’] escort[er] 68 navires marchands et repoussé 11 attaques » des rebelles houthis, a déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie de l’UE, lors d’une conférence de presse à Bruxelles aux côtés du contre-amiral grec Vasileios Gryparis, qui commande la mission, lundi.
Les Houthis, basés au Yémen, ont lancé ces derniers moins une série d’attaques de drones et de missiles contre des navires en mer Rouge, en réponse selon eux aux bombardements israéliens sur la bande de Gaza.
Face à cette situation, l’UE a décidé de lancer l’opération EUNAVFOR Aspides en février, une opération défensive visant à dissuader et repousser les attaques contre les navires commerciaux en escortant ces derniers en mer Rouge, où transitait jusqu’à récemment 13 % du commerce mondial.
Le commerce dans la zone a désormais diminué de moitié, a souligné M. Borrell. « Actuellement, seule la moitié des 70 navires empruntant le canal de Suez continuent à le faire, il était donc nécessaire d’intervenir », a-t-il affirmé.
Davantage de moyens nécessaires ?
Les navires de la mission européenne se concentrent principalement sur la « zone à haut risque » que constitue le détroit de Bab al-Mandab. Cependant, pour assurer la sécurité sur l’ensemble de la zone d’opération des navires commerciaux, la mission devrait également couvrir le détroit d’Ormuz, ainsi que les eaux internationales de la mer Rouge, du golfe d’Aden, de la mer d’Arabie, du golfe d’Oman et du golfe Persique.
À ce jour, quatre États membres de l’UE — la France, l’Allemagne, la Grèce et l’Italie — ont déployé quatre frégates, tandis que 19 pays de l’UE fournissent du personnel pour les opérations et le quartier général de la force, a précisé Josep Borrell.
« Si nous augmentons [les capacités], nous pourrions être en mesure, dans un avenir proche, de nous déployer dans le reste de la zone d’opération », a affirmé M. Gryparis, laissant la porte ouverte à de futures promesses de moyens supplémentaires.
« Compte tenu du nombre de moyens en place, de l’ampleur de l’opération et de la nécessité d’obtenir des résultats immédiats, la priorité a été de se concentrer sur les zones à haut risque, où ont eu lieu la plupart des attaques illégales », a déclaré le contre-amiral.
L’ensemble de la zone d’opération est deux fois plus étendue que le territoire de l’UE, et un simple transit de l’ensemble de la zone d’opération pourrait prendre « environ dix jours » et que « la traversée de la zone à haut risque prend deux jours », explique-t-il.
« Nous devons augmenter notre capacité », a conclu Josep Borrell.
L’opération ne compte actuellement que « quatre navires et une coopération occasionnelle », a-t-il déclaré, ajoutant que les Européens veulent « augmenter le soutien logistique au sol et les capacités médicales, juste au cas où ».
Diminution du nombre d’attaques
Ces commentaires interviennent après que les forces rebelles houthies ont déclaré dimanche (7 avril) avoir lancé des attaques par drones et roquettes contre des navires britanniques, américains et israéliens dans le détroit.
Bien que l’on observe « une réduction notable [des attaques], il faut garder à l’esprit qu’ils [les Houthis] ont la capacité de choisir le moment et l’endroit [des attaques]. Nous restons donc vigilants », a indiqué M. Gryparis.
Le militaire a également souligné qu’il était encore « très tôt » pour dire « si l’opération a un impact sur les attaques des Houthis ».
Il est toutefois à noter que « tous les navires protégés ont jusqu’à présent été protégés avec succès contre les attaques et [que] tous les navires qui ont demandé une protection ont été escortés », s’est-il réjoui.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


