Les ministres européens des Affaires étrangères ont convenu d’interdire le commerce et les investissements européens concernant le bois, les métaux et les pierres précieuses de Birmanie, en réponse à des mesures violentes de répression contre des manifestants le mois dernier. Cependant, des doutes ont été exprimés sur l’efficacité de ces sanctions.
- Limitation du commerce
Après leur réunion à Luxembourg lundi 15 octobre, les ministres européens des Affaires étrangères ont déclaré qu’ils allaient adopter une série de mesures qui ne nuiront pas à la population birmane, mais qui cibleront les responsables de la violente répression et l’impasse politique générale du pays, d’après une déclaration officielle du Conseil des Relations extérieures.
Selon cette déclaration, les mesures adoptées incluent un embargo sur les exportations européennes d’équipements destinés aux secteurs forestiers, miniers et des pierres précieuses et semi-précieuses ; un embargo sur les importations de produits précités et l’interdiction d’investir dans ces secteurs.
Le Conseil envisage également d’interdire les nouveaux investissements dans le pays. Cette interdiction sera appliquée si la situation en Birmanie ne s’améliore pas. L’UE attend les résultats de la mission de l’envoyé spécial de l’ONU Ibrahim Gambari en Birmanie et dans la région. Sa visite est destinée à encourager les autres pays d’Asie, comme la Thaïlande, l’Indonésie et la Malaisie, à faire pression su le régime birman.
Frans Timmermans, ministre néerlandais délégué aux Affaires étrangères, estime que ces mesures renforcent considérablement des sanctions. Pour sa part, David Miliband, le ministre britannique des Affaires étrangères, a déclaré après la réunion à Luxembourg que si le régime refuse de coopérer avec M. Gambari, les sanctions seront évidemment renforcées.
Le Japon a également suspendu son aide à la Birmanie, suite à la mort d’un journaliste japonais lors de la répression militaire. Les Etats-Unis, qui avaient déjà imposé des sanctions à la Birmanie en 2003, ont également fait savoir qu’ils envisageaient des mesures restrictives supplémentaires.
- Une réponse efficace ?
Mais l’efficacité générale des sanctions européennes, même combinées aux sanctions du Japon et des Etats-Unis, pourrait être limitée. Selon le département d’Etat des Etats-Unis (US State Department), une bonne partie des matières premières de la Birmanie est exportée de manière illégale, par le commerce au marché noir le long des frontières poreuses du pays. De plus, la Chine a jusqu’ici refusé d’imposer des sanctions.
Le secteur du gaz naturel du pays reste, lui aussi, à l’abri des sanctions européennes. Les grandes entreprises énergétiques occidentales, comme Total, investissent massivement dans l’extraction des réserves de gaz naturel birmanes, estimées à plus de 280 milliards de mètres cubes, selon les chiffres de la CIA.
Sur un portail Internet spécialement dédié à la Birmanie, Total annonce que malheureusement, les réserves mondiales de gaz et de pétrole ne sont pas nécessairement situées dans les démocraties.
Sur un portail Internet spécialement dédié à la Birmanie, Total annonce que malheureusement, les réserves mondiales de gaz et de pétrole ne sont pas nécessairement situées dans les démocraties.
L’entreprise fait l’objet de critiques pour ses activités continues dans le pays, mais elle défend ses acticités au motif qu’elle investit également considérablement dans les efforts de développement au niveau local. Selon l’entreprise, plutôt que de répondre à des critiques injustifiées, elle souhaite rétablir l’équilibre du débat sur le fait qu’une multinationale responsable puisse contribuer de façon positive au développement économique et social d’un pays confronté à de sévères divisions internes.

