La Commission européenne a déclaré lundi (29 janvier) qu’elle demanderait à l’Office de secours et de travaux des Nations unies pour les réfugiés de Palestine dans le Proche-Orient (UNRWA) d’autoriser des experts de l’UE à procéder à un audit de l’organisation, après que les Israéliens ont accusé des membres de son personnel d’avoir participé à l’attaque menée par le Hamas palestinien contre Israël le 7 octobre dernier.
La Commission européenne « attend de l’UNRWA qu’il accepte de procéder à un audit de l’Office par des experts externes indépendants désignés par l’UE », peut-on lire dans le communiqué de presse de l’exécutif européen publié lundi (29 janvier).
Ces derniers auraient comme rôle d’examiner « l’évaluation des piliers, en se concentrant spécifiquement sur les systèmes de contrôle nécessaires pour prévenir l’implication éventuelle de son personnel dans des activités terroristes », précise le communiqué.
La Commission a également déclaré qu’elle s’attendait à ce qu’un examen de « tout » le personnel de l’UNRWA soit lancé « le plus tôt possible pour ne confirmer qu’aucun membre n’ait participé aux attaques ».
Le financement de l’UE destiné à cette organisation n’est pas encore affecté, selon le communiqué de presse, car aucun paiement n’est prévu avant la fin du mois de février. Toutefois, plusieurs États membres du bloc, comme la France, l’Allemagne, l’Italie, les Pays-Bas, la Finlande et l’Autriche, ont annoncé ce week-end qu’ils avaient lancé leurs propres enquêtes ou suspendu leur financement à l’UNRWA.
Les États-Unis, le Royaume-Uni, le Canada, l’Australie et la Suisse ont fait de même.
L’UE est l’un des principaux donateurs de l’UNRWA, se classant en troisième position après les États-Unis et l’Allemagne en 2022.
L’UNRWA a lancé une enquête, vendredi dernier (26 janvier), sur les allégations d’Israël selon lesquelles des employés de l’Office auraient été impliqués dans les attaques terroristes menées par le Hamas contre Israël le 7 octobre.
L’Office, mis sur pied à la suite de la première guerre israélo-arabe de 1948-1949, a pour objectif de venir en aide aux Palestiniens dans tous les territoires occupés. Financé par les États membres de l’ONU, son budget était d’environ 1,18 milliard de dollars en 2022.
Le commissaire européen à l’Élargissement et à la Politique européenne de voisinage, Olivér Várhelyi, a écrit sur la plateforme X que l’exécutif européen demandait un « audit des systèmes de contrôle de l’UNRWA par des experts externes indépendants nommés par l’UE », et un « examen de l’évaluation des piliers de l’UNRWA qui garantit la protection du financement de l’UE ».
La Commission européenne a également demandé à l’Office de passer en revue « l’ensemble de son personnel et de renforcer son service d’enquête interne », a indiqué M. Várhelyi.
Eric Mamer, porte-parole de la Commission européenne, a déclaré lundi que l’audit devrait être dirigé par des experts nommés par l’exécutif de l’UE et mené parallèlement à une enquête de l’ONU sur ces allégations.
« Lorsque l’exécutif de l’UE travaille avec une agence, la procédure normale consiste à mettre en place des mécanismes de contrôle, et [la Commission] peut demander un audit », a-t-il ajouté.
« Il s’agit d’un audit différent de l’enquête [de l’UNRWA]. Il est plus large, il concerne l’évaluation des piliers, c’est-à-dire l’accord en vertu duquel [la Commission] travaille avec l’UNRWA et comment elle contrôle ses activités pour s’assurer que son personnel n’est pas impliqué dans des activités terroristes », a poursuivi M. Mamer.
Cet examen serait « plus systémique » que l’enquête menée par l’Office lui-même, a-t-il expliqué.
La Commission européenne « déterminera les prochaines décisions de financement pour l’UNRWA à la lumière des très sérieuses allégations faites le 24 janvier concernant l’implication du personnel de l’UNRWA dans les odieux attentats du 7 octobre », est-il également indiqué dans le communiqué.
« Je ne peux pas dire quel sera le calendrier de l’audit demandé [par la Commission] et s’il sera terminé au moment où le paiement est dû », a déclaré M. Mamer aux journalistes lundi. « Ces actions sont urgentes et importantes et seront lancées sans délai », a-t-il ajouté.
« En attendant, nous demandons tout d’abord à l’organisation de mener l’enquête qu’elle a elle-même annoncée et d’accepter un audit réalisé par des experts indépendants sélectionnés par la Commission », a répété M. Mamer.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


