La création d’un État palestinien serait le meilleur moyen d’assurer la sécurité d’Israël, a déclaré le chef de la diplomatie de l’UE, Josep Borrell, après que les ministres des Affaires étrangères de l’Union se sont réunis virtuellement lundi (20 novembre) pour discuter de la situation à Gaza.
Cette réunion a été organisée suite au déplacement de M. Borrell au Moyen-Orient, au cours duquel il s’est rendu en Israël, en Cisjordanie, au Bahreïn, au Qatar et en Jordanie.
Dans des remarques écrites envoyées à la presse à l’issue de ces entretiens, M. Borrell a déclaré avoir tiré « une conclusion politique fondamentale » des discussions qu’il avait pu avoir dans toute la région.
« Je pense que la meilleure garantie pour la sécurité d’Israël est la création d’un État palestinien », a-t-il affirmé. « Malgré les défis énormes [que cela implique], nous devons faire avancer nos réflexions sur la stabilisation de Gaza et le futur État palestinien », a-t-il ajouté.
La semaine dernière, Josep Borrell a esquissé une feuille de route pour une sortie de crise, envisageant ce qu’il pourrait se passer après la fin des combats. Les premiers éléments de ce document ont été examinés par les ministres des Affaires étrangères de l’Union.
Josep Borrell a également insisté sur la nécessité pour Israël de ne pas occuper Gaza après la fin du conflit et de transférer le contrôle du territoire à « une » Autorité palestinienne.
À court terme, M. Borrell a déclaré qu’il existait un « sentiment d’urgence » dans la région face à la situation humanitaire désespérée à Gaza.
« La résolution du Conseil de sécurité des Nations unies appelant à des [trêves] humanitaires immédiates est un grand pas en avant, mais nous devons veiller à sa mise en œuvre rapide », a-t-il déclaré.
Lors de la discussion de lundi, les ministres des Affaires étrangères européens ont également évoqué la possibilité que le conflit aggrave la situation instable en Cisjordanie et implique d’autres acteurs de la région.
« Compte tenu de I’intensification des violences des extrémistes et des colons à l’encontre des Palestiniens, il existe un risque réel d’escalade de la situation », a déclaré M. Borrell. « Les rapports faisant état d’un navire détourné par les Houthis sont un autre signal inquiétant d’un risque de débordement régional », a-t-il ajouté.
M. Borrell, Haut représentant de l’UE pour les Affaires étrangères et la Politique de sécurité, a également annoncé qu’il avait chargé le Service européen pour l’action extérieure (SEAE) de réfléchir à des options pour l’avenir de la bande de Gaza après la guerre, qui devraient être examinées par les ministres des Affaires étrangères européens lors d’une réunion le mois prochain à Bruxelles.
Cette réunion « nous permettra de refaire le point et de nous concentrer sur la stabilisation de Gaza » et « la revitalisation de la solution à deux États », a-t-il expliqué.
Aide à la Palestine
Les efforts diplomatiques de l’UE se multiplient alors que le Programme alimentaire mondial (PAM) des Nations unies a déclaré que les civils de Gaza étaient confrontés à un « risque immédiat de famine ».
Israël a promis de détruire le Hamas, qui administre Gaza, après que le groupe terroriste palestinien a mené une incursion meurtrière sur son territoire le 7 octobre. Au cours de cette attaque, environ 1 200 personnes, pour la plupart des civils, ont été tuées et 240 autres prises en otage, selon les données du gouvernement.
À Gaza, 13 000 personnes, principalement des civils, dont plus de 5 000 enfants, ont perdu la vie suite à la riposte militaire israélienne, selon les chiffres communiqués par le ministère de la Santé de Gaza.
L’UE est le principal donateur extérieur pour Gaza et la Cisjordanie occupée, avec 1,2 milliard d’euros prévus dans son budget entre 2021 et 2024, ce qui constitue une aide financière vitale pour les organisations de développement qui soutiennent les Palestiniens dans le cadre d’une centaine de projets.
Le collège des commissaires de la Commission européenne devrait approuver la reconduction du versement de l’aide au développement aux territoires palestiniens ce mardi (21 novembre), après qu’un audit interne a révélé que ces fonds ne finançaient pas par inadvertance des groupes terroristes.
Le 9 octobre, l’exécutif européen avait annoncé qu’il suspendait l’aide au développement en faveur des Palestiniens, avant de faire marche arrière le même jour, les États membres de l’UE s’étant plaints que l’Union avait fait fausse route.
L’audit n’a trouvé aucune preuve que l’aide financière de l’UE a été détournée au profit de groupes terroristes, mais il recommande une surveillance plus étroite pour les paiements futurs, selon plusieurs fonctionnaires de l’UE au fait de ses conclusions.
L’approbation de l’audit signifierait que le premier versement de l’aide non humanitaire aux bénéficiaires palestiniens depuis le début de la guerre entre Israël et le Hamas le mois dernier pourrait avoir lieu comme prévu d’ici la fin du mois de novembre.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]



