Le gouvernement grec a soulevé deux points cruciaux dans le projet de la Commission de créer une nouvelle force européenne aux frontières, qui sera débattu lors du sommet européen débute aujourd’hui (17 décembre). Un article d’EURACTIV Grèce.
Le 15 décembre, la Commission a dévoilé son projet pour un nouveau corps de gardes-frontières qui pourra intervenir sans le consentement préalable du pays dans lequel il agit, et ce, afin de rétablir la sécurité de l’espace Schengen, menacée par la crise de la migration.
La nouvelle agence sera dotée d’une force d’intervention rapide de 1 500 gardes-frontières et aura le « droit d’intervenir » dans les pays de l’UE qui sont submergés par la vague des réfugiés ou qui ne parviennent pas à sécuriser leurs frontières. Une visée géographique qui place la Grèce mais aussi l’Italie et la Hongrie au premier rang des pays concernés.
Deux points de discorde
Le gouvernement grec, mené par Syriza, se montre globalement positif vis-à-vis de la proposition de la Commission européenne, mais conteste « deux points », a affirmé une source haut placée du gouvernement à EURACTIV.
À Athènes, la presse rapportait le 16 décembre que le gouvernement grec était en train d’examiner un scénario de veto si sa demande de modification était rejetée, mais il semblerait que ce ne soit pas le cas.
« Nous avons soulevé deux points, mais nous ne sommes pas opposés [à l’ensemble du texte] », a insisté la source, soulignant qu’en principe, le plan de la Commission s’orientait dans la bonne direction et aidait la Grèce dans la gestion difficile de ses frontières maritimes.
Selon la source proche du gouvernement, un des points soulevés par la Grèce est le droit du nouveau corps de gardes-frontières d’intervenir sans le consentement du pays hôte.
« Le consentement des États membres est nécessaire », a expliqué la source, tout en ajoutant qu’Athènes n’était pas seule à penser cela. L’Espagne, la Hongrie et la Pologne, par exemple, et beaucoup d’autres pays s’y opposent également, même s’ils ne l’ont pas encore fait savoir.
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En ce qui concerne les pays tiers en dehors de l’UE, la demande d’Athènes est d’intégrer dans le texte final la notion de « coopération commune » plutôt qu’« entreprise commune », a précisé la source proche du gouvernement.
« Ce sont des suggestions, et Athènes n’a pas envisagé la possibilité d’opposer son veto », a-t-elle cependant conclu.

