La Pologne va aider la Finlande à lutter contre la pression migratoire à sa frontière avec la Russie

Le président polonais Andrzej Duda (à gauche) et son homologue finlandais Sauli Niinistö (à droite). [EPA-EFE/Radek Pietruszka POLAND OUT]

La Pologne est prête à soutenir la Finlande dans la défense de ses frontières contre les attaques hybrides russes, a déclaré le président polonais Andrzej Duda lors de sa rencontre avec son homologue finlandais Sauli Niinistö lundi (20 novembre), faisant référence à la pression migratoire accrue à la frontière finlandaise avec la Russie.

Les deux présidents, qui se sont rencontrés lundi à Varsovie, ont discuté des menaces sécuritaires et hybrides posées par la Russie — voisine de la Finlande — et la Biélorussie — voisine de la Pologne —, qui comprennent la pression migratoire.

« Nous soutenons la Finlande parce que nous sommes nous-mêmes confrontés à une telle situation à notre frontière avec la Biélorussie […] La Finlande peut compter sur notre soutien et sur le partage de notre expérience », a déclaré M. Duda. La Pologne « défend constamment ses frontières » dans le cadre de ses engagements européens, a-t-il ajouté.

Vendredi dernier, des heurts ont éclaté à la frontière finno-russe alors que des migrants cherchaient à entrer en Finlande depuis la Russie.

Une fois que les migrants atteignent l’autre côté de la frontière, la Russie ferme les barrières de son côté, rendant impossible tout retour en arrière pour les migrants, a expliqué le capitaine Jouko Kinnunen, chef du poste-frontière de Vartius, cité par STT.

Aujourd’hui, la Finlande est confrontée à une pression migratoire similaire à celle à laquelle la Pologne est confrontée depuis 2021, à savoir une attaque hybride menée par un État en poussant des groupes de migrants à la frontière, a souligné M. Duda.

En effet, la vague migratoire en provenance du Moyen-Orient arrivant depuis la Biélorussie que connaît la Pologne depuis l’automne 2021 est considérée par Varsovie et l’Union européenne comme étant orchestrée par le régime d’Alexandre Loukachenko.

Fermeture de postes-frontière

La Finlande considère elle aussi que la pression migratoire qu’elle connaît relève d’une tentative de déstabilisation d’un État : la Russie.

Fin août, les autorités finlandaises ont déclaré que la partie russe laissait passer un nombre croissant de migrants sans papiers d’origine irakienne, syrienne, somalienne et yéménite.

Certains migrants ont même raconté avoir été transportés gratuitement depuis leur pays, ce qui fait écho aux méthodes utilisées par la Biélorussie pour faire pression à la frontière polonaise.

Samedi, la Finlande a fermé quatre de ses huit postes-frontière avec la Russie, au moins jusqu’au 18 février.

Les autorités finlandaises auraient également décidé de procéder à une fermeture totale de la frontière avec la Russie dans la nuit de mercredi à jeudi, a rapporté le journal Iltalehti, citant des sources au fait des discussions.

La Russie est déçue par la décision de la Finlande de fermer tous les postes-frontière restants, a déclaré le porte-parole de la présidence, Dmitri Peskov, cité par l’agence TASS.

« Nous entretenons depuis longtemps de très bonnes relations avec la Finlande […] Nous regrettons que ces relations aient été remplacées par une position entièrement russophobe, à laquelle les dirigeants de ce pays voisin ont maintenant commencé à adhérer », a-t-il déclaré. Selon lui, il est peu probable que la Russie puisse influencer la situation à l’heure actuelle.

« Il n’y a pas de dialogue en tant que tel, et ce n’est pas notre faute. En fait, nous ne sommes pas à l’origine de la rupture du dialogue », a insisté M. Peskov.

Outre les migrants, une fermeture totale des postes-frontière toucherait également les binationaux qui vivent en Finlande mais dont les proches résident en Russie. Ces derniers ont par ailleurs manifesté dimanche (19 novembre) pour une réouverture de la frontière, rapportait RFI fin de la semaine dernière.

Le gouvernement finlandais ferme sa frontière russe pour lutter contre l’immigration « organisée »

Le gouvernement finlandais a décidé de fermer quatre postes-frontière dans le sud-est du pays afin de lutter contre la hausse récente des « passages illégaux » en provenance de Russie, ont déclaré le Premier ministre finlandais Petteri Orpo et la ministre de l’Intérieur Mari Rantanen.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

Inscrivez-vous à notre newsletter

S'inscrire