L’agence suédoise des migrations a décidé de garder secrète l’adresse des centres d’accueil pour réfugiés. 21 incendies criminels et xénophobes ont été recensés en Suède sur les 6 derniers mois.
Le 27 octobre, la municipalité de Danderyd, une ville située au nord de Stockholm, a annoncé l’ouverture en novembre d’une nouvelle résidence pour 70 demandeurs d’asile, dans les locaux d’une ancienne école publique. Le 28 octobre à 2 heures du matin, le centre a été incendié.
La veille, un édifice qui devait accueillir des logements pour réfugiés à Färingtofta, au sud de la Suède, avait également été détruit lors d’un incendie criminel.
Afin d’éviter cela, l’agence des migrations a décidé de rendre les centres d’hébergement pour demandeurs d’asile plus difficile à localiser par le public. Cela signifie que l’adresse de 66 000 résidences sera gardée secrète.
« Le niveau de sécurité s’est dégradé et tous ces incendies sont inquiétants. Nous ne divulguerons pas l’emplacement de ces résidences », a déclaré Willis Åberg, responsable des opérations à l’agence de la migration, selon Radio Suède.
« Nous voulons être une autorité transparente, mais dans ce cas, nous pensons qu’il est préférable de ne pas tout dire pour limiter les risques », a-t-il continué.
L’Allemagne et la Suède sont les pays de l’UE qui ont dû faire face au plus grand nombre d’attaques sur les centres de réfugiés en 2015. Ce sont aussi les pays européens qui ont accepté le plus de demandeurs d’asile cette année.
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En Suède, près de 100 000 personnes ont fait des demandes d’asile cette année. Selon l’agence de la migration, ce nombre pourrait bientôt doubler.
Stefan Löfven, Premier ministre suédois, a condamné à plusieurs reprises les incendies, déclarant « ce n’est pas la Suède que je connais ni que je veux voir ».
Alors que durant des dizaines d’années, les parlementaires suédois avaient une approche ouverte de l’immigration, la semaine dernière, la majorité du parlement a adopté des règles strictes à ce sujet.
Ces règles comprennent la mise en place d’une carte de séjour temporaire, de trois ans, pour les adultes qui arrivent en Suède sans enfants.
La carte de séjour ne peut être prolongée que si un réfugié a encore besoin de protection ou a trouvé un travail.

