Les projets russes de déstabilisation de la sécurité européenne doivent être « contrecarré[s] » sans états d’âme, a déclaré le ministre suédois des Affaires étrangères Tobias Billström, dans un discours mercredi (20 mars) devant le parlement suédois.
Pour marquer l’adhésion de la Suède à l’OTAN au début du mois, le gouvernement suédois a présenté mercredi une déclaration spéciale sur sa politique étrangère devant le parlement.
« La Russie a opté pour une approche conflictuelle à l’égard de l’UE et de l’OTAN », a déclaré M. Billström dans son discours aux députés, et cette nouvelle réalité doit être « contrecarrée » par les Européens sans trembler.
« Il s’agit d’un événement historique pour notre pays, qui représente un changement profond et immédiat dans la politique étrangère et de sécurité de la Suède », a-t-il ajouté.
La Suède et la Finlande ont demandé à adhérer à l’OTAN à la suite de l’invasion de l’Ukraine par la Russie en 2022. Alors que la Finlande est devenue membre en avril 2023, la Suède est devenue le 32e membre de l’OTAN au début du mois, mettant fin à plus de deux siècles de non-alignement militaire.
« L’adhésion de la Suède à l’OTAN est une conséquence directe de cette guerre d’agression illégale, non provoquée et injustifiable », a ajouté le ministre des Affaires étrangères.
Selon M. Billström, les actions de la Russie ont considérablement aggravé la situation de la politique de sécurité en Europe et dans le voisinage de la Suède pour une longue période.
« Avec ses partenaires et alliés, la Suède doit mener une politique stratégique cohérente et à long terme pour contrecarrer la montée en puissance de la Russie et les occasions qu’elle a de faire des dégâts », a-t-il déclaré, en insistant sur la nécessité pour le pays de soutenir l’Ukraine.
Débats suédois
Le gouvernement suédois estime que l’adhésion à l’OTAN élève le seuil des conflits armés dans la région de la Baltique. Dans son discours au parlement, M. Billström a indiqué que, bien que l’OTAN soit une alliance défensive, le pays est prêt à recourir aux armes si besoin pour se défendre, défendre sa population, la démocratie, la liberté et ses valeurs communes.
L’adhésion de la Suède à l’OTAN est un changement symbolique important, qui marque officiellement la fin de plus de 200 ans de non-alignement militaire et de neutralité.
Par conséquent, une question récurrente dans le débat public est la possibilité d’envoyer des troupes en théâtres d’opérations extérieurs en cas de conflits impliquant l’OTAN. La Suède a mis en place une conscription partielle pour les hommes et les femmes, et les personnes sélectionnées suivent une formation militaire de base.
Selon M. Billström, le rôle des appelés dans la défense collective de l’OTAN est en cours d’analyse.
« Le gouvernement s’efforce de parvenir à un accord politique global sur cette question », a également déclaré M. Billström.
Les partis d’opposition de gauche et des Verts se sont opposés à l’adhésion de la Suède à l’OTAN, et même au sein de la vaste majorité de partis favorables à l’adhésion du pays à l’alliance, la question de l’envoi éventuel de conscrits dans des zones de guerre reste controversée.
Toutefois, M. Billström a souligné un point sur lequel les partis politiques se rejoignent, à savoir les armes nucléaires. Il a expliqué que la Suède avait adhéré à l’OTAN sans réserve, mais que, comme les autres pays nordiques, il n’y avait aucune raison d’avoir des armes nucléaires ou des bases permanentes sur le territoire suédois en temps de paix.



