Le Parlement européen appelle au boycott des JO en Chine [FR]

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Une grande majorité d’eurodéputés a voté en faveur d’une résolution appelant les dirigeants européens à boycotter la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques de 2008 à Pékin à moins que la Chine n’accepte d’entamer une discussion avec le Dalaï Lama, le leader spirituel du Tibet en exil.

La résolution appelle à une position européenne commune concernant la participation des chefs d’Etats et de gouvernement et du Haut représentant de l’UE à la cérémonie d’ouverture des Jeux Olympiques, avec la possibilité de ne pas participer à l’événement en cas de non reprise du dialogue entre les autorités chinoises et le Dalaï Lama.

Les eurodéputés ont condamné la répression brutale menée par les forces de sécurité chinoises, qui ont réprimé les vastes manifestations indépendantistes au Tibet, une province de la frontière orientale chinoise où les ressentiments contre la Chine ont provoqué les manifestations au début du mois de mars.

La résolution demande également à ce qu’une enquête soit menée par l’ONU, suite au récent appel au boycott du président du Parlement européen Hans-Gert Pöttering, qui a déclaré que les Jeux Olympiques ne devraient pas être organisés au prix d’un génocide culturel des Tibétains. (EURACTIV 25/03/08). 

Les dirigeants des Etats membres de l’UE semblent divisés  sur la question, mais la chancelière allemande Angela Merkel et le Premier ministre Gordon Brown ont déclaré qu’ils ne participeraient pas à la cérémonie. 

Le président français Nicolas Sarkozy a également indiqué qu’il pourrait décidé de ne pas y assister, même si Paris n’a pas présenté de déclaration définitive sur la question.

La Chine a été lourdement critiquée dans les médias pour la répression des manifestations et Pékin est soumis à une pression grandissante des gouvernements occidentaux, qui souhaitent que la Chine rétablissent les relations officielles avec le Dalaï Lama, qui demande une plus grande reconnaissance de l’héritage culturel du Tibet par la Chine.

Mais le parti communiste actuellement au pouvoir en Chine, largement perçu comme étant tendu vis-à-vis des mouvements indépendantistes dans ses provinces orientales, est opposé à une plus grande reconnaissance de « l’unicité » du Tibet par la Chine et a porté un coup à ce qu’il considère être un soutien implicite et explicite en faveur de l’indépendance du Tibet par plusieurs Etats membres.

A titre d’exemple, une décision du parti Vert de la République tchèque d’afficher un drapeau tibétain a provoqué la colère des autorités chinoises.

D’après Zhou Qian, le porte parole de l’ambassade chinoise cité dans le Prague Post, afficher le drapeau tibétain sur un bâtiment du gouvernement est un acte sans précédent dans l’Union européenne. Il a ajouté que cet acte implique un soutien direct en faveur de l’indépendance du Tibet, qui fait partie intégrante de la République populaire de Chine, et en ta nt que tel, il a outré la population chinoise.

Parallèlement, le Congrès américain a voté sa propre résolution sur la question et appelle la Chine à mettre fin à sa répression de la culture tibétaine. Le ministère chinois des Affaires étrangères estime que cette résolution est « anti-chinoise » et a déclaré qu’elle mélangeait l’histoire du Tibet et la réalité moderne.

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