Les eurodéputés ont appelé la Commission à étendre le système européen d’indications géographiques aux produits artisanaux tels que le cristal de Bohême. Pour l’heure, seuls les produits alimentaires bénéficient de cette protection.
Le Parlement européen a appelé mardi la Commission à légiférer rapidement pour étendre aux produits non agricoles le système des indications géographiques protégées.
Dans une résolution non contraignante adoptée par 608 voix pour, 43 contre avec 43 abstentions, les eurodéputés ont demandé qu’une nouvelle législation voit le jour pour protéger les couteaux Laguioles et autres produits artisanaux régionaux à l’échelle de l’UE.
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Les indications géographiques identifient les produits alimentaires provenant d’un pays, d’une région ou d’une localité qui détiennent une qualité reconnue liée à leur origine géographique.
En Europe, les exemples ne manquent pas : le brie de Meaux, la moutarde de Bourogne en France, la coppa de Parme en Italie ou encore le beurre rose du Luxembourg disposent d’une reconnaissance et d’une protection à l’échelle européenne.
Deux poids deux mesures
Si le système d’indications géographiques européen est rodé sur les produits alimentaires, l’artisanat régional n’en profite pas encore.
Résultat, si un artisan souhaite faire protéger l’appellation de son produit, il doit faire des démarches auprès de chaque État membre dans lequel il souhaite bénéficier d’un label. Autre frein, sur les 28 pays de l’UE, seuls 15 ont une législation qui protège les produits lés à une origine géographique.
« Le bon sens veut qu’en achetant un verre de champagne […] vous vous attendiez à ce qu’ils viennent de la région en question. Or, ce n’est pas le cas » a expliqué Virginie Rozière, eurodéputée S&D Virginie Rozière, qui a rédigé le rapport.
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« Un système européen de protection des indications géographiques pour les produits non agricoles […] protégerait les producteurs contre la concurrence déloyale et contribuerait à soutenir la fabrication et la qualité du travail des artisans » a-t-elle poursuivi.
Une extension du système des indications géographiques pourrait profiter à quelques de 800 produits, selon une première évaluation du Parlement européen
Travail préparatoire
Pour la commissaire chargée des Consommateurs, Vera Jourova, instaurer un tel système constituerait « un grand pas en avant » pour un secteur qui pèse « quatre millions d’emplois, de manière directe ou indirecte ».
Toutefois, a-t-elle tempéré, il conviendrait d’« analyser en profondeur » les « coûts et avantages » d’une telle réforme, notamment parce que celle-ci impliquerait la mise en place d’un grand nombre de textes réglementaires.
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La Commission avait déjà lancé une consultation publique sur le sujet en 2014, dont les résultats avaient fait état d’une demande claire en faveur d’un tel système de protection, inspiré de celui sur les produits agricoles et facilement accessibles aux artisans.

