Le ministre italien des Affaires étrangères, Antonio Tajani, a annoncé mardi (16 avril) que l’Italie serait prête à déployer des troupes pour assurer la paix si d’aventure la création formelle d’un Etat palestinien se concrétisait.
Les propos du ministre interviennent en amont d’une réunion des ministres des Affaires étrangères du G7 à Capri, prévue du 17 au 19 avril, qui se donnent comme mission première d’éviter toute escalade du conflit au Proche-Orient après la riposte iranienne contre Israël le week-end dernier.
M. Tajani a réitéré mardi que « le gouvernement italien est fermement engagé en faveur de la paix. Nous sommes amis d’Israël, mais nous sommes également déterminés à œuvrer pour la paix, y compris par le déploiement de troupes pour assurer [l’éventuelle] création d’un État palestinien, avec le soutien d’autres pays ».
En début de semaine, son homologue espagnol, José Manuel Albares, avait aussi exhorté les pays membres à reconnaître formellement l’existence d’un Etat palestinien, affirmant que c’était l’une des meilleures approches pour apaiser les tensions, et éviter une extension du conflit.
L’Irlande, Malte et la Slovénie ont également annoncé le 22 mars dernier qu’elles étaient prêtes à reconnaître l’État de Palestine, « seul moyen de parvenir à la paix et à la sécurité ».
La Bulgarie, la République tchèque, la Hongrie, la Pologne, la Roumanie, la Slovaquie, la Suède, Malte et Chypre sont les seuls États européens qui reconnaissent aujourd’hui l’État palestinien.
Solution à deux États : la « seule option viable »
Réaffirmant l’importance d’une solution à deux États comme « seule option viable pour la stabilité régionale », M. Tajani a souligné les initiatives permanentes de l’Italie pour engager le dialogue avec les principaux acteurs politiques de la région.
Il a aussi souligné que l’Italie entretient un dialogue solide avec l’Autorité palestinienne et son nouveau Premier ministre, Mohammed Mustafa.
« Nous souhaitons maintenir une relation avec la seule autorité palestinienne légitime », a affirmé le ministre italien.
Selon Luigi Narbone, directeur de la chaire Méditerranée à la Luiss Guido Carli School of Government, « l’idée d’envoyer des troupes étrangères est un sujet récurrent [mais] il s’agit d’une hypothèse très éloignée pour le moment ».
M. Narbone a déclaré que pour que cette idée devienne réalité, certaines conditions politiques devraient être remplies, notamment la reprise des négociations sur la solution à deux États et un engagement réel de la part de toutes les parties et de la communauté internationale.
« Pour le moment, il est peut-être plus important d’exercer toutes les pressions possibles pour éviter une escalade du conflit et pour assurer le succès des négociations du Caire visant à établir un cessez-le-feu à Gaza et à la libération des otages ».



