L’UE cherche à éviter une escalade du conflit au Moyen-Orient et met l’accent sur le Liban

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La situation au Moyen-Orient, y compris au Liban, devrait être à l’ordre du jour du sommet informel des dirigeants de l’UE qui se tiendra à Bruxelles mercredi (17 avril). [EPA-EFE/ABEDIN TAHERKENAREH]

Suite à la première attaque directe de l’Iran contre Israël, les dirigeants et diplomates de l’UE se penchent sur les mesures à prendre pour éviter une escalade majeure du conflit au Moyen-Orient, notamment en se concentrant sur les pays voisins.

La situation au Moyen-Orient, y compris au Liban, devrait être à l’ordre du jour du sommet informel de deux jours des dirigeants de l’UE à Bruxelles, qui se débutera mercredi (17 avril).

Les dirigeants de l’UE devraient « condamner fermement et sans équivoque l’attaque iranienne contre Israël et réitérer leur solidarité indéfectible avec le peuple d’Israël et leur engagement en faveur de la sécurité d’Israël », peut-on lire dans les premiers projets de conclusions du sommet consultés par Euractiv.

Ils devraient appeler « l’Iran et ses alliés à cesser complètement leurs attaques » et exhorteront « toutes les parties à faire preuve de la plus grande retenue et à s’abstenir de toute action susceptible d’accroître les tensions dans la région ».

Le G7 condamne l'attaque de l'Iran contre Israël et s'attend à ce que la question soit à l'ordre du jour de l'UE

Les dirigeants du G7 ont unanimement condamné dimanche (14 avril) l’attaque sans précédent de l’Iran contre Israël, appelant toutes les parties à la « retenue » afin d’éviter une guerre régionale, alors que les inquiétudes ne cessent de croître.

 

Éviter une escalade dans la région

Au-delà de la condamnation, les dirigeants et diplomates de l’UE devraient discuter cette semaine des moyens d’éviter une escalade dans la région.

« L’UE est prête à travailler avec tous ses partenaires pour éviter une escalade des tensions dans la région, notamment au Liban », devraient déclarer mercredi les dirigeants de l’UE à l’issue de leurs discussions.

Le chef d’état-major de l’armée israélienne Herzi Halevi a promis lundi (15 avril) « une riposte » à l’attaque de l’Iran, sans donner davantage de détails, car les alliés de Tel-Aviv craignent qu’une telle mesure n’aggrave encore la situation dans la région.

Avec la guerre menée par Israël à Gaza, des affrontements occasionnels ont éclaté entre Israël et des groupes alignés avec l’Iran au Liban, en Syrie, au Yémen et en Irak.

Depuis, on craint de plus en plus que le Hezbollah, un groupe islamiste chiite basé au Liban qui partage l’idéologie de l’Iran, n’entraîne de plus en plus Beyrouth dans une escalade régionale.

Ce groupe fait partie de l’axe de la résistance iranien, une alliance de groupes soutenus par l’Iran dans tout le Moyen-Orient comprenant notamment le groupe islamiste palestinien Hamas, qui a lancé l’incursion en Israël qui a déclenché des représailles israéliennes massives en octobre.

Les dirigeants de l’UE devraient « rappeler leur ferme soutien au Liban et au peuple libanais et reconnaître les circonstances difficiles que connaît le Liban sur le plan intérieur et en raison des tensions régionales ».

Selon le projet de conclusions, ils devraient également appeler à la mise en œuvre de la résolution 1701 du Conseil de sécurité des Nations unies, qui visait à résoudre les hostilités entre Israël et le Hezbollah pour stopper le conflit israélo-libanais de 2006.

Dans le même temps, les dirigeants européens devraient réitérer leurs appels à un cessez-le-feu immédiat et à la libération des otages, ainsi qu’à l’augmentation de l’aide humanitaire à grande échelle pour les Palestiniens dans le besoin.

« Nous sommes au bord du précipice et nous devons nous en éloigner », a déclaré Josep Borrell, chef de la diplomatie européenne, à la station de radio espagnole Onda Cero. « Nous devons freiner et faire marche arrière ».

M. Borrell a également déclaré que l’UE devait s’efforcer d’entretenir les meilleures relations possibles avec l’Iran, malgré les sanctions déjà imposées par l’Union à Téhéran en raison de son programme d’énergie nucléaire et ses violations des droits humains.

« Il est dans l’intérêt de tous que l’Iran ne devienne pas une puissance nucléaire et que le Moyen-Orient soit pacifié », a déclaré M. Borrell.

Vers de nouvelles sanctions ?

L’UE pourrait également imposer de nouvelles sanctions à l’Iran après l’attaque directe de Téhéran contre Israël, ont déclaré plusieurs diplomates européens lundi soir à l’issue d’entretiens entre les ambassadeurs de l’Union.

La présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, a annoncé après les discussions du G7 que l’UE «réfléchira à des sanctions supplémentaires contre l’Iran en étroite coopération avec nos partenaires, notamment en ce qui concerne ses programmes de drones et de missiles».

Bien que le projet de conclusions du sommet de l’UE ne mentionne pas de nouvelles sanctions, les ministres des Affaires étrangères de l’UE devraient discuter de la question lorsqu’ils se réuniront pour des discussions extraordinaires en vidéoconférence mardi (16 avril).

« Le [Conseil des affaires étrangères] a également pour but de discuter de questions telles que les prochaines mesures à prendre par l’UE et ses États membres pour réagir à cette dernière escalade de l’Iran, voilà ce que je peux dire sur la question des sanctions », a déclaré Peter Stano, principal porte-parole de l’UE pour les affaires étrangères, à la presse lundi.

Selon des diplomates européens, de nouvelles mesures pourraient être imposées dans le cadre d’un régime de sanctions mis en place après que l’Iran a commencé à soutenir la Russie dans le cadre de la guerre en Ukraine en fournissant à Moscou ses drones Shahed.

Dans le cadre de ce régime, l’exportation vers l’Iran de composants utilisés pour la construction et la production de véhicules aériens sans pilote a été interdite.

Toutefois, certains diplomates européens estiment qu’un régime de sanctions renforcé pourrait également être « contre-productif », dans la mesure où l’Union européenne souhaite persuader l’Iran de se conformer à nouveau à l’accord visant à limiter son programme nucléaire.

L’Espagne exhorte l’UE à reconnaître l’État palestinien sans délai

Tous les États membres de l’UE devraient reconnaître l’État palestinien de manière coordonnée et sans délai, a déclaré lundi le ministre espagnol des Affaires étrangères, José Manuel Albares, estimant qu’il s’agit de la meilleure façon de mettre fin au conflit et d’empêcher que la guerre ne s’étende à toute la région.

[Édité par Anne-Sophie Gayet]

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