Marbres d’Elgin : Rishi Sunak face à l’opinion publique britannique

Selon un sondage réalisé par yougov.co.uk, 66 % des personnes interrogées estiment que la décision de Downing Street d’annuler la rencontre avec Kyriákos Mitsotákis est « erronée », tandis que 11 % d’entre elles la jugent juste. [EPA-EFE/Chris Ratcliffe]

La décision du Premier ministre britannique Rishi Sunak d’annuler une réunion de dernière minute avec son homologue grec Kyriákos Mitsotákis, à cause des commentaires de ce dernier sur la nécessité de restituer à la Grèce les marbres d’Elgin qui se trouvent actuellement au British Museum, a nui à son image publique, selon un sondage publié mardi (29 novembre).

Selon un sondage réalisé par yougov.co.uk, 66 % des personnes interrogées estiment que la décision de Downing Street d’annuler la rencontre avec Kyriákos Mitsotákis est « erronée », tandis que 11 % d’entre elles la jugent juste.

Le Premier ministre grec devait rencontrer M. Sunak mardi, mais le dirigeant britannique a annulé la rencontre la veille au soir.

Selon la presse des deux pays, la raison est une interview accordée par Kyriákos Mitsotákis à la BBC, dans laquelle il a insisté sur le fait que les marbres d’Elgin devaient être rapatriés.

De 1801 à 1804, alors que la Grèce était sous la domination de l’Empire ottoman, Lord Elgin, ambassadeur du Royaume-Uni à Istanbul, a ordonné à ses agents d’enlever des pièces de marbre et de nombreuses sculptures du Parthénon, causant des dommages considérables.

En 1806, les sculptures ont été transférées en Grande-Bretagne et, dix ans plus tard, le gouvernement anglais les a achetées à Elgin. Depuis lors, elles se trouvent au British Museum.

Les Grecs affirment qu’il s’agit d’un « vol » et qu’elles doivent être restituées à leur place, à Athènes. De leur côté, les Britanniques affirment que le déplacement des marbres d’Elgin s’est fait avec la permission de l’Empire ottoman, qui régnait sur Athènes à l’époque.

Selon le même sondage, 49 % des personnes interrogées considèrent qu’il est juste de rendre les marbres à la Grèce, 15 % souhaitent qu’ils restent au Royaume-Uni, 26 % déclarent que ce qui va se passer ne les intéresse pas, tandis que 10 % répondent qu’ils ne savent pas.

Et maintenant ?

Athènes, qui a réagi vivement à ce qui a été décrit comme un « faux pas diplomatique britannique », attribue le comportement de M. Sunak à la politique interne du Royaume-Uni.

Des sources gouvernementales grecques ont expliqué que 2024 sera une année électorale difficile pour le Royaume-Uni et en particulier pour M. Sunak, qui est derrière le leader du parti travailliste Keir Starmer dans les sondages.

« Je comprends que M. Sunak soit en difficulté dans les sondages », a déclaré Dimitris Tsiodras, directeur du service de presse du Premier ministre, à Mega TV, estimant qu’avec ce geste, M. Sunak tentait d’attirer les électeurs conservateurs.

Des sources du ministère grec des Affaires étrangères ont déclaré mardi en fin de journée que le ministre britannique des Affaires étrangères, David Cameron, avait demandé à rencontrer brièvement son homologue grec, Giorgos Gerapetritis, en marge du sommet des ministres des Affaires étrangères de l’OTAN à Bruxelles.

Les sources ont expliqué que le ministre grec des Affaires étrangères a souligné le « désaccord de principe » concernant la question du rapatriement des marbres, mais les deux ministres ont convenu de la nécessité de coopérer pour préserver les relations entre la Grèce et le Royaume-Uni afin de faire face aux défis communs.

Selon les informations d’Euractiv, la Grèce cherche à désamorcer les tensions avec Londres, mais ne semble pas désireuse de mettre la discussion sur les marbres sous le tapis.

Les Grecs insistent sur le fait qu’ils poursuivront directement leurs discussions avec le British Museum et intensifieront les discussions sur la « diplomatie culturelle », compte tenu du soutien croissant au Royaume-Uni pour la restitution des marbres.

Marbres d’Elgin : faux pas diplomatique entre la Grèce et le Royaume-Uni 

Athènes et Londres font face à une crise diplomatique inattendue après que le Premier ministre britannique Rishi Sunak a annulé une réunion de dernière minute avec son homologue grec Kyriákos Mitsotákis.

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