La République tchèque proposera d’interdire l’importation de céréales russes et biélorusses dans l’UE lors du Conseil européen de cette semaine.
Le ministre tchèque de l’Agriculture, Marek Výborný (Union chrétienne-démocrate — Parti populaire tchécoslovaque/KDU-ČSL, PPE), a révélé l’intention du gouvernement à la télévision tchèque dimanche (17 mars).
« Les denrées russes ou biélorusses n’ont pas leur place en Europe. Je ne vois pas pourquoi les céréales russes devraient se trouver en Europe. Je suis convaincu que personne ne devrait soutenir un agresseur en lui achetant des céréales. C’est ce que je défendrai au sein de l’UE », a déclaré M. Výborný.
« Nous ferons pression pour que les céréales et les oléagineux figurent sur la liste des sanctions et ne soient pas envoyés en Europe », a-t-il ajouté.
Les États membres de l’UE se réuniront jeudi et vendredi lors du sommet du Conseil européen, au cours duquel l’agriculture figurera en bonne place à l’ordre du jour.
Selon le projet de conclusions, les dirigeants de l’UE devraient convenir de l’importance d’un secteur agricole fort et durable pour la sécurité alimentaire et ils devraient revenir « sur les défis actuels du secteur agricole et les préoccupations soulevées par les agriculteurs », l’excédent de céréales en provenance d’Ukraine et de Russie et la chute de leur prix étant l’une des principales causes d’inquiétude des agriculteurs.
Outre la réunion du Conseil européen cette semaine, M. Výborný aura la possibilité de soulever la question lors du prochain Conseil « Agriculture et pêche » qui se tiendra le 26 mars.
Selon lui, il n’y a pas de risque de hausse significative des prix des denrées alimentaires suite à une éventuelle suspension des importations de céréales russes.
« La République tchèque dispose d’excédents pour l’exportation. La récolte a été excédentaire dans le monde entier », a-t-il ajouté.
« La Commission européenne évalue actuellement la possibilité d’introduire des restrictions sur les importations de produits agricoles en provenance de Russie vers l’Union européenne. Sur cette base, la Commission présentera prochainement une proposition », peut-on lire dans le compte rendu de la conversation téléphonique entre la présidente de la Commission européenne, Ursula von der Leyen, et le Premier ministre polonais, Donald Tusk, qui s’est tenue le 15 mars.
Le commissaire européen à l’Agriculture, Janusz Wojciechowski, a tenu des propos similaires.
« Lorsque la Russie utilise la nourriture comme une arme, nous devons réagir. La Russie va exporter plus de 50 millions de tonnes de blé. Lorsqu’un pays détient un quart de toutes les exportations de blé, il peut déstabiliser la situation. Et c’est ce que nous voyons », a-t-il déclaré à la presse polonaise vendredi.
Le mois dernier, la Lettonie a introduit une interdiction commerciale unilatérale sur les importations agricoles russes, et M. Tusk a suggéré que des mesures similaires soient prises en Pologne.
Les eurodéputés de différents partis politiques ont également soutenu cette idée lors du débat qui s’est tenu la semaine dernière à Strasbourg.


