Selon un think tank suédois, il est peu probable que le future service diplomatique de l’UE, qui doit être établi avec l’adoption du traité de Lisbonne, comble les différences fondamentales entre les nations en matière de politique étrangère.
Dans un nouveau rapport, l’institut suédois d’études politiques européennes (SIEPS) cherche à apporter des éléments de réflexion concernant le lancement du Service européen pour l’action extérieure (SEAE), l’une des innovations du traité de Lisbonne.
D’après les auteurs du rapport, Geoffrey Edwards et David Rijks, les procédures communes ne peuvent ni remplacer, ni élaborer des politiques communes. Ils décrivent en détail ce qu’ils appellent une disparité générale entre le Conseil et la Commission en termes d’instruments diplomatiques sur le terrain.
La cohérence, selon les auteurs, n’est pas simplement l’absence de friction institutionnelle mais l’aptitude à rassembler différents éléments politiques – et ceux responsables de leur gestion – dans un seul ensemble efficace, capable d’agir et résistant aux tentatives de parties tierces de tirer profit des divisions internes.
Avant de proposer leurs recommandations relatives au futur Service européen pour l’action extérieure (SEAE), les auteurs du rapport ont attiré l’attention sur les frictions existantes dans la situation actuelle concernant l’action extérieure de l’UE :
- entre les piliers de l’Union : une tension que le traité de Lisbonne cherche à améliorer en ce qui concerne la politique étrangère, en mettant deux casquettes sur la tête de la fonction du Haut représentant ;
- entre les différentes institutions à Bruxelles, par exemple les désaccords concernant la façon de cadrer le SEAE dans l’élaboration des politiques et la représentation de l’UE ;
- entre les circuits politiques concurrentiels de la bureaucratie ;
- entre le centre et la périphérie, à savoir ceux qui travaillent dans les délégations ou les bureaux sur le terrain et ceux basés aux sièges, et ;
- entre l’UE et les Etats membres, qui approuvent tous les deux le SEAE, et pourtant les pays n’ont pas l’intention d’abandonner leurs représentations nationales.
Le rapport dresse également une liste de recommandations. Il demande à ce que les tâches du SEAE soient rapidement définies, en termes de taille et de champ d’application du service, d’équilibre institutionnel et de la relation entre les services nationaux étrangers.
Les auteurs demandent à ce que le SEAE vise des domaines où l’on peut tirer la plus grande valeur ajoutée de l’action commune. L’idée de réaliser un cadre institutionnel par étapes est développée, basée sur l’accord d’examiner la progression après un certain nombre d’années.
Les auteurs ont également recommandé la création rapide d’un centre européen de formation à la diplomatie pour s’assurer que le personnel du SEAE de deux institutions et de 27 administrations différentes partagent des normes professionnelles et administratives communes et ont une connaissance suffisante des pratiques et des procédures de l’UE.

