Affaire des écoutes : jugement attendu ce lundi pour Nicolas Sarkozy

Quatre ans de prison, dont deux ferme, ont été réclamés par le parquet national financier (PNF) contre l’ex-Président de la République Nicolas Sarkozy [Shutterstock/SC Image]

Le tribunal correctionnel de Paris rend sa décision dans ce dossier dit aussi « Paul Bismuth ». Le parquet national financier avait requis quatre ans de prison, dont deux ferme, à l’encontre de l’ancien président de la République et de ses coprévenus, l’avocat Thierry Herzog et l’ex-haut magistrat Gilbert Azibert, tous jugés pour corruption et trafic d’influence.

Nicolas Sarkozy a rendez-vous avec la justice en mars. Quinze jours avant le procès de l’affaire Bygmalion, où il comparaîtra pour des soupçons de « financement illégal » de sa campagne présidentielle de 2012, l’ancien Président de 66 ans va connaître ce lundi la décision du tribunal correctionnel dans l’affaire dite « des écoutes ». Il est jugé pour corruption et trafic d’influence. Accusations retenues aussi contre son avocat historique Thierry Herzog, 65 ans, et l’ex- magistrat à la Cour de Cassation Gilbert Azibert, 74 ans.

Quatre ans de prison, dont deux ferme, ont été réclamés par le parquet national financier (PNF) contre l’ex-Président lors de l’audience qui s’est achevée le 10 décembre 2020. Une peine similaire a été demandée à l’encontre de ses coprévenus. Assortie aussi, pour Me Herzog, de cinq ans d’interdiction professionnelle. Les avocats généraux ont estimé qu’un « pacte de corruption s’est bien noué entre eux trois en février 2014 ».

Conversations interceptées sur la ligne « Bismuth »

Selon l’accusation, Nicolas Sarkozy avait alors promis, par l’intermédiaire de son avocat et ami Thierry Herzog un « coup de pouce » à Gilbert Azibert pour un poste à Monaco. Cela en échange d’informations, voire une influence, sur un pourvoi en cassation visant à faire annuler la saisie de ses agendas présidentiels réalisée en marge de l’affaire Bettencourt (soldée pour lui par un non-lieu en 2013). Ces agendas étant susceptibles d’intéresser la justice dans d’autres procédures.

Au cœur des charges, des conversations interceptées sur une ligne ouverte au nom de « Paul Bismuth » par Me Herzog pour échanger avec l’ex-Président, en toute confidentialité croyaient-ils. Mais la ligne a été découverte par les juges qui instruisaient à ce moment-là un autre dossier : celui du financement libyen présumé de la campagne présidentielle de 2007.

« Cette affaire a été pour moi un chemin de croix », dit Sarkozy

Dans les interceptions, Nicolas Sarkozy s’engage à intervenir en faveur de Gilbert Azibert : « Moi, je le fais monter, je l’aiderai », dit-il ainsi à Thierry Herzog. Avant de déclarer, peu après, avoir renoncé à cette démarche. Revirement qui pourrait venir, pour les enquêteurs, de la découverte par les deux hommes que leurs téléphones officieux étaient sur écoute.

Les trois prévenus, qui encourent jusqu’à dix ans de prison et un million d’euros d’amende ont toujours contesté tout pacte de corruption. « Cette affaire a été pour moi un chemin de croix. Mais si c’était le prix à payer pour que la vérité chemine, je suis prêt à l’accepter. Je vous ai dit la vérité […]. Comme je l’ai dit en garde à vue. J’ai encore confiance en la justice de notre pays », a souligné Nicolas Sarkozy à la fin du procès, en décembre dernier.

Le « sentiment d’être traqué » par le PNF

Il a rejeté toute infraction durant l’audience. Ses échanges avec Me Herzog sur la ligne Bismuth ? Du « bavardage », a-t-il déclaré lors de son interrogatoire au tribunal. Précisant que son avocat cherchait alors à le « rassurer » sur son pourvoi en cassation, à une époque il a « le sentiment d’être traqué » par le parquet national financier.

Quant au soutien à Gilbert Azibert ? « Thierry me demande cela comme un service pour un ami. Rien de plus […]. Le pacte, il n’existe pas : ni dans la tête ni dans les faits. » L’ancien chef de l’État a rappelé également avoir été débouté par la Cour de cassation pour ses agendas. Gilbert Azibert n’a « pas eu le poste auquel il n’avait pas candidaté ». Et à Monaco, a-t-il encore insisté, « tout le monde dit que Sarkozy n’a rien demandé ».

Nicolas Sarkozy a rendez-vous avec la justice en mars. Quinze jours avant le procès de l’affaire Bygmalion, où il comparaîtra pour des soupçons de « financement illégal » de sa campagne présidentielle de 2012, l’ancien Président de 66 ans va connaître ce lundi la décision du tribunal correctionnel dans l’affaire dite « des écoutes ». Il est jugé pour corruption et trafic d’influence. Accusations retenues aussi contre son avocat historique Thierry Herzog, 65 ans, et l’ex- magistrat à la Cour de Cassation Gilbert Azibert, 74 ans.

Quatre ans de prison, dont deux ferme, ont été réclamés par le parquet national financier (PNF) contre l’ex-Président lors de l’audience qui s’est achevée le 10 décembre 2020. Une peine similaire a été demandée à l’encontre de ses coprévenus. Assortie aussi, pour Me Herzog, de cinq ans d’interdiction professionnelle. Les avocats généraux ont estimé qu’un « pacte de corruption s’est bien noué entre eux trois en février 2014 ».

Un dossier qui « ne repose que sur des suspicions » pour la défense

Gilbert Azibert a aussi démenti toute implication. Expliquant « n’avoir jamais été sollicité pour obtenir des informations auprès de ses collègues » chargés de rédiger l’avis sur le pourvoi de Nicolas Sarkozy à la Cour de cassation. « Encore moins pour influencer qui que ce soit. » Il a expliqué enfin avoir un temps « été intéressé » par un poste à Monaco, mais avoir « abandonné l’idée après des ennuis de santé ».

Quant à Thierry Herzog, il a rejeté toute infraction. Contestant aussi la légalité des écoutes, en avançant le secret professionnel entre un avocat et son client. La défense des prévenus a plaidé la relaxe, fustigeant un dossier « qui ne repose que sur des suspicions » et dénonçant un « désert de preuves » .

Elle a taclé encore l’enquête ouverte par le parquet national financier puis classée sans suite en 2019, visant à identifier la taupe éventuelle qui aurait informé Nicolas Sarkozy et Thierry Herzog qu’ils étaient sur écoute. « Il faut accepter de dire que la justice est faillible, qu’elle a pu se tromper, se fourvoyer », a ajouté l’avocat de Nicolas Sarkozy, Me Jacqueline Laffont, après le réquisitoire « sévère » du PNF.

Un délit « caractérisé » pour le Parquet financier

Le ministère public a pointé, lui, les « conversations dissimulées », des « informations transmises » par Gilbert Azibert, la « contrepartie monégasque clairement évoquée » par Nicolas Sarkozy. Selon les procureurs financiers, le délit « est caractérisé », même si finalement « rien n’a abouti ». Le tribunal se prononce ce lundi 1er mars. L’audience débutera à 13 h 30.

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