Angela Merkel s’engage à protéger les juifs en Allemagne

Suite aux attaques répétées contre les juifs, Angela Merkel, s'est engagée à garantir la sécurité des juifs en Allemagne. [Christliches Medienmagazin pro/Flickr]

Au lendemain des attaques terroristes à Copenhague, le premier ministre israélien, Benjamin Netanyahou, a appelé les juifs d’Europe à émigrer vers Israël. De son côté, Angela Merkel s’est engagée à protéger les juifs en Allemagne. Un article d’EURACTIV Allemagne.  

« Nous, le gouvernement allemand, les gouvernements d’État et toutes les autorités allemandes, ferons tout ce qui est en notre pouvoir pour assurer la sécurité des sites juifs et celle des citoyens de confession juive », a déclaré la chancelière allemande, Angela Merkel, le 16 février à Berlin.

Les paroles d’Angela Merkel ont fait écho au discours de Benjamin Netanyahou qui appelait les juifs européens à rejoindre l’État d’Israël.

« Nous voulons continuer à cohabiter avec les juifs qui sont en Allemagne », a déclaré Angela Merkel. « Nous sommes heureux et reconnaissants envers les juifs qui vivent en Allemagne. »

Suite aux attaques de Copenhague le week-end dernier, Benjamin Netanyahou a quant à lui déclaré : « des juifs ont été tués sur le sol européen seulement parce qu’ils étaient juifs ».

Les attaques qui se sont déroulées dans un centre culturel puis dans une synagogue ont fait trois morts, y compris l’assaillant. La chancelière allemande a appelé la première ministre danoise, Helle Thorning-Schmidt, le 15 février, pour lui exprimer ses condoléances suites aux attaques.

>> Lire : Nouvelles mesures de sécurité au Danemark après les attentats

À cette occasion, Angela Merkel a montré son soutien au Danemark et a promis à la première ministre danoise une étroite coopération en matière de lutte contre le terrorisme.

Des mesures de sécurité plus fermes

Le 16 février, le président du conseil allemand des juifs, Josef Schuster, a appelé les services de sécurité à plus de vigilance.

« Ceux qui pensent que les attaques terroristes à Paris étaient un évènement unique et isolé se mettent malheureusement le doigt dans l’oeil. Le terrorisme contre les journalistes qui critiquent l’Islam et les lieux juifs a récemment atteint l’Europe centrale », a assuré Josef Schuster. De toute évidence, les mesures de sécurité existantes ont permis d’éviter davantage d’effusion de sang.

« Nous appelons toutefois les autorités en charge de la sécurité à rester alertes et à examiner de manière critique les mesures sécuritaires pour les sites juifs », a ajouté Josef Schuster. « Sous cette condition, les juifs pourront continuer à vivre en Allemagne », a-t-il dit.

L’émigration vers Israël « n’est pas une solution »

Selon Charlotte Knobloch, présidente de la communauté religieuse juive de Munich et de la Haute-Bavière, « un exode des juifs européens vers Israël n’est pas une solution au terrorisme islamiste qui menace lourdement les démocraties européennes dans leur ensemble, a-t-elle assuré, expliquant au passage que « quiconque attaque les juifs européens s’attaque à toute la société européenne et à ses valeurs de liberté ».

« Selon moi, Israël a besoin d’une diaspora puissante et solide. Les juifs européens en font partie », a-t-elle souligné.

Le premier ministre français, Manuel Valls, a également appelé les juifs à rester en France. « Mon message aux juifs français est le suivant : La France est blessée comme vous, et la France ne veut pas votre départ » a-t-il déclaré.

La France possède la communauté de juifs la plus importante d’Europe occidentale et a dû faire face à de multiples attaques et abus.

Le dimanche 15 février, plus de 200 tombes ont été profanées dans un cimetière juif de la commune de Sarre-Union, en Alsace. Les coupables n’ont toujours pas été identifiés.

Il y a quelques semaines, des islamistes radicaux ont attaqué un supermarché casher à Paris, faisant plusieurs morts. Peu après cette tragédie, Benjamin Netanyahou a conseillé aux juifs français d’émigrer vers Israël

La coopération des États membres de l'UE dans la lutte contre le terrorisme s'est intensifiée après les attentats contre le World Trade Center à New York en 2001, puis encore davantage après les attentats de Madrid et de Londres en 2004 et 2005.

« Suite au 11 septembre, l'UE a instauré le mandat d'arrêt européen. Aujourd'hui, nous devons en faire plus », estime Donald Tusk, le président du Conseil, qui rassemble les 28 chefs d'État et de gouvernement européens.

Cette déclaration de Donald Tusk faisait suite aux attentats contre Charlie Hebdo à Paris en janvier 2015 et aux autres attaques terroristes qui ont suivi et dans lesquelles 17 personnes ont trouvé la mort.

Juste après ces attentats, les représentants européens avaient promis de renforcer la coopération dans la lutte contre le terrorisme.

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