Les détenus européens au Royaume-Uni scandalisent les pro-Brexit

Selon ces chiffres, 4 024 ressortissants de l’UE y étaient incarcérés en 2017, dont plus de la moitié (2464) purgeaient des peines de plus de 12 mois. [BBC News]

4 024 ressortissants de l’UE étaient incarcérés en Angleterre et au Pays de Galle en 2017, selon le ministère britannique de la Justice. Des prisonniers qui imposent une lourde charge financière au contribuable britannique, selon une organisation pro-Brexit.

À la suite d’une demande d’accès à l’information, le ministère britannique de la Justice a publié le 11 avril des données sur le nombre d’Européens détenus dans les prisons anglaises et galloises. Selon ces chiffres, 4 024 ressortissants de l’UE y étaient incarcérés en 2017, dont plus de la moitié (2464) purgeaient des peines de plus de 12 mois. La Pologne se trouve en première place, avec 911 ressortissants détenus, suivi de la Roumanie, avec 607 prisonniers.

Ce chiffre a suscité l’indignation de Get Britain out, une organisation pro-Brexit, qui a déclaré qu’il « était honteux que les règles de l’UE empêchent souvent la capacité du gouvernement britannique d’expulser ces criminels ». Ces règles auraient imposé une « charge financière lourde au contribuable britannique », estime Jayne Adye, directeur de Get Britain Out.

Pour certains, le Brexit permettrait de durcir les règles britanniques en matière d’expulsion. « L’expulsion sera envisagée pour ceux qui, après le Brexit, commettraient un crime grave et recevraient une peine de prison d’au moins 12 mois », selon un document publié en novembre dernier par le gouvernement britannique sur les droits des citoyens de l’UE.

Cependant, ce n’est pas aussi simple que cela. L’accord européen sur le transfert de prisonniers, en vigueur depuis 2011, visait à garantir que seuls les criminels condamnés à plus de quatre ans de prison purgent leur peine dans leur pays d’origine. 1 400 prisonniers ressortissants de l’UE, soit un tiers des 4 024 ressortissants européens, pourraient donc être renvoyés dans leur pays d’origine en vertu de cet accord.

En novembre dernier, Sam Gyimah, ancien sous-secrétaire d’État responsable des prisons et de la probation, a révélé que seulement 217 détenus avaient été rapatriés vers leur pays d’origine dans le cadre de l’accord en vigueur depuis 2011.

Des sources du gouvernement britannique ont affirmé que d’autres pays de l’UE étaient réticents à accepter les demandes de rapatriement.

Qui est derrière les barreaux en Europe?

De nouvelles recherches du Conseil de l’Europe donnent un aperçu des détenus européens et de leur parcours.

Ce problème est particulièrement problématique au Royaume-Uni, où le taux d’incarcération est le plus élevé de l’Union, soit 148,3 détenus pour 100 000 citoyens – selon le Conseil de l’Europe. Ce taux est nettement supérieur à la moyenne européenne (134,7), et beaucoup plus élevé qu’en France (98,3), en Italie (86,4) et en Allemagne (77,4).

La prison au-delà des frontières n’est cependant pas une situation à sens unique. Plus de 800 Britanniques sont incarcérés dans l’UE, dont près de 500 en Irlande et en Espagne.

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