Bruxelles prolonge les contrôles aux frontières intérieures

Europe_border_sign_CREDIT[Will Bakker_Flickr]

La Commission européenne a recommandé mercredi25 janvier  de prolonger une dernière fois, jusqu’à mi-mai, les contrôles instaurés aux frontières à l’intérieur de l’espace Schengen en raison de la crise migratoire, mais l’Allemagne souhaite pouvoir aller au-delà.

La proposition de l’exécutif européen de proroger les contrôles pendant trois mois concerne quatre pays de l’Union européenne, l’Allemagne, l’Autriche, le Danemark et la Suède et un pays hors de l’UE, la Norvège. La dérogation actuelle accordée à ces cinq pays expire à la mi-février.

« Il y a actuellement des contrôles temporaires aux frontières. Il s’agit de mesures exceptionnelles justifiées par une situation exceptionnelle », a déclaré le commissaire européen aux Migrations et aux Affaires intérieures, Dimitris Avramopoulos.

Retour à la normale

Il a clairement laissé entendre qu’il souhaitait ensuite « un retour à la normale dans trois mois ».

Toutefois, indique-t-on de source diplomatique, l’Allemagne, où des élections législatives sont prévues le 24 septembre prochain, veut pouvoir prolonger ces contrôles dans la mesure où les thèmes de l’immigration et de la sécurité devraient tenir une place centrale dans la campagne électorale.

>>Lire : Bruxelles donne son feu vert à la poursuite des contrôles frontaliers

Or, le flux migratoire semblant de mieux en mieux contrôlé, il se pourrait qu’un tel maintien soit difficile à justifier. C’est la raison pour laquelle le ministre allemand de l’Intérieur, Thomas de Maizière, devrait proposer à ses homologues européens lors d’un conseil des ministres jeudi à La Valette de modifier le fondement juridique des contrôles aux frontières. Il devrait désormais mettre en avant les questions liées à la sécurité après les attentats de Paris, Bruxelles et Berlin en 2015 et 2016.

Aide financière

Plus d’un million de réfugiés, fuyant en majorité le conflit syrien, sont arrivés en Europe en 2015. Si leur nombre paraît faible rapporté à la population européenne, 500 millions d’habitants, leur arrivée a provoqué des désaccords entre États incapables de s’entendre sur leurs conditions d’accueil.

Le nombre d’arrivées s’est considérablement réduit l’année dernière pour tomber à près de 360 000, notamment en raison d’un accord conclu avec la Turquie qui a accepté de bloquer le flux des migrants et réfugiés prenant la direction de l’Union.

Les candidats à l’exil privilégient désormais un trajet allant des côtes libyennes à la péninsule italienne, souvent au péril de leur vie.

L’UE souhaite également maîtriser les flux sur cette route en proposant assistance et aide financière aux pays africains dont sont originaires les migrants pour dissuader leurs ressortissants de s’embarquer pour l’Europe.

Formation de garde-côtes

Les chefs d’État et de gouvernement en discuteront le 3 février à Malte. Mercredi, la Commission européenne a également proposé une aide supplémentaire pour la formation des garde-côtes libyens.

Il est également question de fournir des fonds supplémentaires à l’Organisation internationale pour les migrations (OIM) et au Haut-Commissariat aux réfugiés de l’ONU (HCR) pour améliorer les conditions d’accueil des migrants dans les camps en Libye, développer les retours volontaires des migrants en transit en Libye dans leur pays d’origine, aider la Libye à contrôler sa frontière sud et renforcer l’aide à ceux dont les demandes d’asile sont vraiment solides.

L’UE envisage également de renforcer sa présence à Agadès au Niger, ville importante par où transitent les migrants en partance pour l’Afrique du Nord.

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