Věra Jourová perd patience face à Facebook

Facebook en a pris pour son grade le 20 septembre lorsque la commissaire européenne à la justice, Věra Jourová, a parlé de sa propre expérience Facebook ainsi que du problème du non-respect des géants de la tech envers les règles européennes de protection des consommateurs.

Lorsqu’Euractiv lui a demandé pourquoi elle n’avait plus de compte Facebook, la commissaire tchèque a répondu : « J’ai eu un compte Facebook pendant une courte période. C’était un flux d’immondices. Je ne m’attendais pas à un tel déversement de haine. J’ai décidé de supprimer mon compte, car je me suis rendue compte qu’il y aurait moins de haine en Europe en faisant ça. »

Věra Jourová venait d’annoncer que Facebook risquait aussi de recevoir de lourdes amendes si l’entreprise ne respectait pas dans les trois prochains les règles européennes sur la protection des consommateurs.

En février, la Commission a informé Facebook sur le fait qu’elle devait ajuster la manière dont ses utilisateurs sont informés d’une possible suppression de contenu et sur le manque de transparence de ses contrats d’utilisateur.

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Pour faire respecter les règles sur la protection des données, la Commission envisage de renforcer son arsenal de sanction. Une réforme qui vise notamment Facebook et Twitter.

« Ma patience a atteint ses limites », a regretté la commissaire. « Même si Facebook a annoncé des modifications des termes et conditions d’utilisation trompeurs d’ici à décembre, cela dure depuis trop longtemps. »

« Il est temps d’arrêter les promesses et d’agir. Si les changements ne sont pas mis en place avant la fin de l’année, je demanderai aux autorités chargées de la protection des consommateurs d’agir rapidement et de sanctionner l’entreprise. »

Un porte-parole de Facebook a déclaré que les termes et conditions d’utilisation avaient été mis à jour en avril et incluaient « la majorité des changements proposés par la Commission ».

Pourtant, la Commission estime que la mise à jour de Facebook réalisée au mois d’avril est « trompeuse ».

« Facebook indique maintenant aux consommateurs que leurs données et leur contenu sont utilisés uniquement pour améliorer leur ‘expérience’ globale et ne mentionne pas que l’entreprise utilise ces données à des fins commerciales », poursuit la commissaire tchèque.

Alors que les mesures punitives de la Commission planent au-dessus de Facebook, AirBnB a reçu les félicitations de Věra Jourová puisque l’entreprise s’est engagée à faire les modifications nécessaires afin de respecter le règlement européen.

Elle s’engage ainsi à montrer plus clairement si un logement est proposé par un particulier ou par un professionnel, et à améliorer la transparence des prix pour que les utilisateurs puissent visualiser plus facilement le montant total lors de leur réservation, y compris les frais de service et de ménage.

AirBnB a jusqu’à la fin de l’année pour procéder à ces changements sur son site web, dans toutes les langues disponibles.

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La Commission européenne soupçonne le géant de l’e-commerce d’utiliser les données qu’il récolte sur sa place de marché en provenance de vendeurs tiers, pour s’octroyer un avantage commercial.  Un article de notre partenaire, La Tribune.

Les autorités nationales de protection des consommateurs ont le pouvoir d’imposer des amendes aux entreprises qui enfreignent les règles européennes. Elles envisageront de possibles sanctions en début d’année prochaine s’il s’avère qu’AirBnB et Facebook ne se sont pas suffisamment adaptés aux règles.

La Commission ne semble toutefois d’humeur à attendre trop longtemps que Facebook se mette au pas des règles européennes.

« Je perds patience », a insisté Věra Jourová, avant d’expliquer : « ça fait deux ans que nous négocions avec Facebook. Il n’y a pas eu d’avancées suffisantes selon moi, et je veux voir des résultats. »

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