Le choix du procureur européen divise Conseil et Parlement

Laura Codruta Kovesi [EPA-EFE/ROBERT GHEMENT]

Les eurodéputés et les représentants des gouvernements européens ne sont pas parvenus à un accord sur la nomination du procureur en chef du parquet européen. La nomination de Laura Codruţa Kövesi suscite la controverse.

Les eurodéputés étaient censés défendre la nomination de Laura Codruţa Kövesi le 27 mars pour faire avancer le processus de sélection, et débuter en novembre de l’année prochaine. Le Parlement européen avait déjà choisi l’ancienne responsable roumaine de la lutte anti-corruption, Laura Codruţa Kövesi, le 27 février. L’élection du procureur en chef du parquet européen devait être clôturée d’ici à fin mars.

Pourtant, les négociations entre les parlementaires actuellement en sessions plénières à Strasbourg et l’équipe de négociation du Conseil à Bruxelles se sont retrouvées dans l’impasse.

La Roumaine avait obtenu le soutien de deux commissions parlementaires : la commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures (LIBE) et celle du contrôle budgétaire (CONT). Elle était également soutenue par le Parti populaire européen (PPE) de centre-droit, le plus grand groupe politique du Parlement. Les États membres avaient quant à eux opté pour son adversaire français, Jean-François Bohnert.

Les eurodéputés soutiennent la Roumaine Kövesi pour le futur Parquet européen

Le Parlement européen a voté en faveur de l’ancienne responsable anti-corruption roumaine, Laura Codruţa Kövesi, au poste de premier procureur européen. Une décision à contre-courant de celle des États membres, qui lui préfèrent son rival français.

Lors des négociations du 27 mars, les deuxièmes de ce genre dans le processus de sélection, les eurodéputés auraient demandé au Conseil d’être tenus informés de la procédure de vote, puisque les États membres avaient utilisé un vote secret pour choisir le Français.

La candidature de Laura Codruţa Kövesi pour le poste de procureur européen en chef a été marquée par une opposition féroce et une résistance de la part de son propre gouvernement. Le gouvernement roumain a fait usage d’une nouvelle section spéciale chargée d’enquêter sur les magistrats pour bloquer Laura Codruţa Kövesi en l’inculpant dans deux affaires pénales.

Dans les deux cas, la Haute cour de cassation et de justice a jugé le 25 mars que l’ancienne responsable de la Direction nationale de la lutte contre la corruption (DNA) n’avait pas commis de faute. Le Conseil supérieur de la magistrature en Roumanie serait en train d’essayer de renverser cette décision.

Les eurodéputés soutiennent la Roumaine Kövesi pour le futur Parquet européen

Le Parlement européen a voté en faveur de l’ancienne responsable anti-corruption roumaine, Laura Codruţa Kövesi, au poste de premier procureur européen. Une décision à contre-courant de celle des États membres, qui lui préfèrent son rival français.

La veille du deuxième cycle de négociations entre le Parlement et le Conseil sur la nomination du responsable du Parquet européen, le Spitzenkandidat du PPE pour les élections européennes de mai, Manfred Weber, a déclaré au journal roumain Ziare.com que « l’affaire Kövesi était le signe de problèmes en Roumanie ». « Normalement, dans un pays comme la Roumanie, le gouvernement devrait être fier que le premier procureur européen soit une personnalité roumaine crédible et forte », a-t-il commenté.

D’autres pendant ce temps reprochent à Manfred Weber son audace pour condamner le parti socialiste roumain au pouvoir et son irrespect de l’état de droit alors qu’il a longtemps fermé les yeux sur les agissements du parti hongrois, le Fidesz.

Un accord a récemment été trouvé pour suspendre le Fidesz du PPE, bien que les eurodéputés de ce parti restent dans le groupe politique au Parlement européen.

Le PPE opte pour une suspension à l'amiable du Fidesz

Le PPE a décidé de suspendre et non d’exclure le parti hongrois Fidesz, accusé de violations du principe d’état de droit. Un compromis qui vise à préserver l’unité du parti avant les élections européennes.

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