David Cameron annonce des mesures strictes pour décourager les immigrants

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Le premier ministre britannique, David Cameron, a présenté hier (25 mars) des projets de système intergouvernemental d’immigration. Dans le cadre de ces plans, il sera plus difficile pour les immigrants d’avoir accès à une sécurité sociale et à un logement. 

 

Lors d'un discours à Ipswich, David Cameron a déclaré que la migration nette vers le Royaume-Uni devrait être radicalement réduite de « centaines de milliers par an à seulement des dizaines de milliers ».

 

Cette déclaration survient sur fond d'une campagne dans les tabloïdes qui prévient que des hordes de Bulgares et de Roumains afflueront vers les îles britanniques quand l’UE lèvera le 1er janvier 2014 les restrictions sur le nombre de travailleurs de ces nationalités en Grande-Bretagne.

 

La Bulgarie et la Roumanie ont dénoncé la campagne et la Commission européenne a indiqué qu'il n'existait aucune preuve de « tourisme social » au sein de l'UE.

 

Le ministère de l'intérieur n'a pas publié de prévisions du nombre de Bulgares ou de Roumains qui pourraient se rendre au Royaume-Uni après la levée des restrictions. Selon certains analystes, la plupart des ressortissants de ces pays à la recherche d'emploi à l'étranger sont déjà partis.

 

Les nouvelles mesures

 

L'une des nouvelles mesures présentées par M. Cameron comprend la suspension de l'accès aux allocations pour les non-ressortissants britanniques après six mois sur le territoire.

 

D'après la réglementation actuelle du ministère britannique de l'intérieur pour les ressortissants de l'UE, une personne qui entre au Royaume-Uni en vue d'y chercher un emploi a le « droit de résider » en tant que chercheur d'emploi. En d'autres termes, cette personne peut demander des allocations de chercheur d'emploi et d'autres services.

 

Le premier ministre britannique a déclaré que ces personnes ne pouvaient réclamer des allocations indéfiniment. Il a ajouté que le gouvernement créerait à partir du 1er janvier 2014 une présomption légale : après six mois, les ressortissants de l'UE perdraient leur statut de chercheur d'emploi et ne pourraient plus demander d’allocations, sauf s'ils démontrent qu'ils ont cherché activement un travail au cours de cette période et qu'ils ont une véritable occasion de trouver un emploi.

 

Le quotidien le Guardian a rapporté que, sur les deux millions de migrants nets au Royaume-Uni provenant des huit pays d'Europe centrale qui ont rejoint l'UE en 2004, 13 000 personnes ont demandé des allocations de chercheur d'emploi. Downing Street n'a pas contesté ces données.

 

Le renforcement de l’examen que les immigrants doivent passer, le critère de la résidence habituelle, pour voir s’ils ont le droit de demander des prestations liées aux revenus fait partie des nouvelles mesures. Le nombre, le type et la difficulté des questions augmenteront, a indiqué David Cameron.

 

Le gouvernement contraindra également les municipalités à introduire des critères de résidence locale pour déterminer qui devrait bénéficier d'un logement social. Une personne devra dès lors vivre pendant deux ou cinq ans dans une région avant même de pouvoir figurer sur la liste d'attente.

 

Parmi les autres mesures, le système national de santé britannique (NHS) pourra réclamer l'argent dû pour les traitements de personnes qui ne pouvaient en bénéficier. Les sanctions contre ceux qui emploient des travailleurs illégaux et les propriétaires qui octroient un logement à des locataires ne disposant pas de preuve de leur droit de résidence au Royaume-Uni seront également renforcées.

 

Intolérance grandissante ?

 

Le Joint Council for the Welfare of the Immigrants (JCWI), une ONG, a accusé M. Cameron de faire preuve d'intolérance grandissante envers les étrangers.

 

Habib Rahman, le directeur général de JCWI, cité par le Guardian, a déclaré que la rhétorique du premier ministre britannique pourrait restreindre les droits aux allocations à petite échelle, mais que relativement peu de migrants par rapport à la population « autochtone » demandaient en réalité des allocations.

 

« L’effet réel de ce discours sera l'accroissement de l'intolérance et l'accueil hostile auxquels sont confrontés les immigrants de la part de certaines parties de notre société », a-t-il ajouté.

 

Les travailleurs bulgares et roumains jouissent aujourd'hui de tous les droits européens de liberté de circulation dans 16 États membres : Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, Grèce, Hongrie, Italie, Lettonie, Lituanie, Pologne, Portugal, République tchèque, Slovaquie, Slovénie et Suède.

 

Des restrictions demeurent en Allemagne, en Autriche, en Belgique, en France, en Grande-Bretagne, en Irlande, au Luxembourg, à Malte et aux Pays-Bas. Ces pays requièrent généralement des citoyens bulgares et roumains qu'ils disposent d'un permis de travail.

 

À partir de janvier 2014, sept ans après leur adhésion à l'UE, la Bulgarie et la Roumanie pourront jouir d'une liberté de circulation complète.

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