Des immigrés libyens en Europe

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Les dernières vagues d'immigrants arrivés sur l'île italienne de Lampedusa proviennent de Libye et ne peuvent être renvoyés dans leur pays dans la mesure où ils fuient une zone de conflit. La Commission européenne a demandé aux pays de l'UE d'aider l'Italie à accueillir ces réfugiés.

Quelque 500 boat people en provenance de Libye ont été sauvés hier (8 mai) suite au naufrage de leur navire à proximité du port de l'île italienne de Lampedusa.

Par ailleurs, 61 immigrés sont morts de faim et de soif avant que leur bateau n'atteigne finalement la côte le 10 avril en Libye, d'où ils étaient partis.

Seuls 11 passagers ont survécu à ce voyage et deux d'entre eux sont décédés peu après. Selon le journal Guardian, les navires militaires occidentaux présents dans la zone ignoraient que ce bateau était en détresse. Les porte-paroles de la marine ont refusé de commenter.

Ces deux incidents mettent en lumière une nouvelle tendance dans les flux migratoires. Au cours de ces derniers jours, plusieurs petits bateaux surpeuplés sont arrivés à Lampedusa en provenance de Libye, transportant des centaines d'immigrés noirs africains pour la plupart.

Le ministre italien de l'intérieur, Roberto Maroni, a déclaré que ces migrants étaient des réfugiés qui fuyaient la Libye à cause de la guerre et qu'ils ne seraient dès lors pas rapatriés.

Cecilia Malmström, la commissaire européennes aux affaires intérieures, a affirmé être « continuellement inquiète » quant à la dégradation de la situation humanitaire en Libye, appelant à une « action urgente ».

« Les nouvelles selon lesquelles des hommes, des femmes et des enfants d'Afrique sub-saharienne sont expulsés du pays par le régime de Kadhafi sont particulièrement inquiétantes », a-t-elle expliqué dans une déclaration écrite.

Mme Malmström a demandé à l'UE de se montrer solidaire envers les Etats membres les plus exposés par rapport aux pays d'Afrique du nord qui ont supporté la plus grande partie des conséquences du conflit en Libye.

« Nous ne pouvons pas oublier que la Tunisie et l'Egypte ont accueilli la plupart des 650 000 personnes qui ont fui la violence en Libye ces derniers mois », a-t-elle ajouté.

Mme Malmström a plaidé pour une plus grande solidarité de la part des pays de l'UE quant au partage du fardeau de l'accueil des réfugiés africains qui fuient la Libye, mais n'a jusqu'à présent reçu que peu de soutien à cet égard.

Cette fois-ci, elle a insisté pour que l'Union se tienne prête à fournir un soutien financier aux pays qui décideraient de prendre en charge les réfugiés.

Selon Sasha Chanoff, directeur exécutif de Mapendo International, une agence humanitaire, environ 10 000 réfugiés du Darfour, de Somalie, d'Erythrée, d'Irak et d'autres pays en guerre résidaient à Tripoli ainsi que dans d'autres villes libyennes avant que la guerre civile n'éclate.

La commissaire a également déclaré que l'exécutif de l'UE organiserait une conférence ministérielle le 12 mai avec la participation des ministres européens de l'intérieur, des représentant de l'office des réfugiés de l'ONU (UNHCR),  le Bureau européen d'appui en matière d'asile (BEA) et l'Organisation internationale pour les migrations (OIM).

Cette conférence abordera la relocalisation et la réinstallation, et discutera des engagements et des promesses formués par les Etats membres, a-t-elle expliqué.

Réactions

Contexte

En février dernier, l'Italie a déclaré l’état d'urgence humanitaire sur l'île méditerranéenne de Lampedusa suite à l'arrivée de 4 000 personnes par bateau en provenance de Tunisie suite à la révolte populaire qui a mis fin au règne du président.

Depuis lors, la guerre civile en Libye a intensifié la pression migratoire sur Lampedusa où environ 25 000 immigrés sont arrivés depuis le début du Printemps arabe.

Le mois dernier, la France a réintroduit des contrôles à ses frontières avec l'Italie afin de bloquer l'arrivée d'immigrés nord-africains, principalement de Tunisie, qui sont en possession de permis de séjour temporaires attribués par l'Italie.

Cette décision de la France a suscité un bras de fer diplomatique entre les deux pays, ainsi que des réactions de la part des Etats membres et de l'UE elle-même.

Pour plus d'informations, veuillez cliquer ici.

Prochaines étapes

  • 12 mai : conférence pour discuter de la relocalisation et de la réinstallation.

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