L’agence Europol au centre d’une fuite de données sensibles

Europol a reconnu que des données confidentielles avaient fuité. [Shutterstock]

Des scandales de fuite de données sensibles, aux succès sans précédent contre les cyberattaques en passant par une campagne étrangement festive sur les réseaux sociaux Europol, l’Office européen de police, présente un bilan mitigé. Un article d’EURACTIV Allemagne.

Gérer des données sensibles et confidentielles est l’une des principales responsabilités de l’autorité policière européenne basée à la Haye. Or, le 30 novembre, Europol a dû reconnaître que des informations sur de nombreuses enquêtes terroristes avaient été divulguées en ligne.

Le porte-parole d’Europol, Gerald Hesztera, a déclaré qu’un ancien employé et policier néerlandais avait emporté des informations sensibles chez lui, ce qui représente une « violation claire » des règles de l’agence.

Sophie In ‘t Veld, porte-parole de l’ALDE a plus tard déclaré que la fuite était « choquante » et a reproché à Europol de ne pas en avoir parlé au Parlement européen, alors qu’une audition entre Europol et des élus a eu lieu depuis la fuite.

L’eurodéputée néerlandaise a également ajouté que « la protection des données [était] cruciale pour l’échange d’informations et la coopération entre les autorités de police ». L’ALDE va réclamer une enquête parlementaire sur les opérations d’Europol et une explication de la part du directeur de l’agence, Rob Wainwright, et du commissaire européen en charge de la sécurité, Julian King.

Les quelque 700 pages de données confidentielles contenaient des analyses sur des groupes terroristes ainsi que des noms et les contacts de centaines de personnes ayant des liens avec le terrorisme. Gerald Hesztera a insisté sur le fait que les données n’avaient pas été publiées sur Internet de manière malveillante. Cependant, les enquêtes en cours continuent.

En dehors de cet épisode, Europol empile plutôt les succès. Au cours d’une opération sans précédent, l’agence, assistée des autorités de police nationales, a réussi à étouffer un réseau de cyber criminels, responsable de la perte de centaines de millions d’euros en fraude en ligne. Cinq personnes ont été arrêtées et 39 serveurs ont été saisis.

Par ailleurs, des centaines de milliers de domaines Internet contrôlés par le groupe « Avalanche » ont été bloqués. « Nous avons coupé la tête de ce serpent », s’est réjoui Fernando Ruiz, responsable cybercriminalité chez Europol.

En mai, les compétences d’Europol seront étendues, notamment en termes de lutte contre le trafic d’êtres humains, de commerce illégal d’organes, d’armes et de drogues. De nouvelles règles devraient accroître sa coopération avec des organismes nationaux.

Dans le cadre de son nouveau centre européen de lutte contre le terrorisme, Europol veut étendre sa portée quant à la lutte antiterroriste. Ainsi, la manière dont l’agence de police gère les données sensibles prendra une dimension encore plus importante quand elle sera responsable d’autres aspects de la lutte contre le crime transfrontalier.

Les données bouleversent la lutte contre le terrorisme

La menace terroriste a fait très fortement accélérer les échanges de données entre Etats européens au sein d’Europol. Qu’il s’agisse d’enquêter ou de lutter contre la propagande, le recours aux réseaux sociaux est désormais incontournable.

Enfin de façon plus étrange, Europol s’est embarqué dans une campagne festive sur les réseaux sociaux le 1er décembre. L’agence a lancé un calendrier de l’Avent de ses criminels les plus recherchés, avec un méchant révélé chaque jour jusqu’au 25 décembre. En plus d’augmenter sa visibilité, l’agence espère « donner à l’Europe un beau cadeau de Noël », en capturant certains des 24 fugitifs. Une opération visant le « name and shame », qui a déjà fait beaucoup de bruit sur Internet.

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