La Commission dénonce le rétropédalage roumain sur la corruption

Jean-Claude Juncker.

Jean-Claude Juncker a immédiatement réagi au changement de loi roumain. [Reuters/Vincent Kessler]

Jean-Claude Juncker et Frans Timmermans ont adressé un avertissement ferme à la Roumanie après que Bucarest a émis un décret d’urgence réduisant les sanctions en cas de corruption.

« La lutte contre la corruption doit progresser, pas reculer. Nous suivons les derniers développements en Roumanie avec beaucoup d’inquiétude », ont écrit Frans Timmermans et Jean-Claude Juncker dans un communiqué commun.

Jean-Claude Juncker, le président de la Commission, est issu du parti de centre-droit PPE, alors que Frans Timmermans, son second, est le socialiste le plus haut placé de l’exécutif. Leur communiqué commun indique que le gouvernement du Partidul Social Democrat (PSD) n’a aucun soutien au sein de la Commission. C’est un autre vice-président, Maroš Šefčovič, également socialiste, qui a présenté le communiqué à la presse bruxelloise, le 1er février.

« La Commission avertit [la Roumanie] de ne pas faire marche arrière et étudiera de près l’ordonnance d’urgence sur le code pénal et la loi sur l’amnistie à la lumière de cette décision », poursuit le communiqué. Le nouveau décret pourrait permettre d’éviter des poursuites pénales à certains politiques hauts placés.

« La question a été débattue par le collège des commissaires », a indiqué Maroš Šefčovič, qui ajoute que plusieurs commissaires étaient intervenus, inquiets de la situation.

Le 31 janvier, des milliers de Roumains sont descendus dans les rues pour appeler à la démission du gouvernement, instauré il y a moins d’un mois, qu’ils qualifient de « voleur ».

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« L’irréversibilité des progrès accomplis dans le cadre de la lutte contre la corruption est un élément essentielle de l’évaluation de la Commission, qui devra décider quand le mécanisme de coopération et de vérification (MCV) pourra être progressivement levé », continuent les dirigeants de l’exécutif. « Notre rapport sur le MCV, publié la semaine dernière, semble dans l’ensemble positif, mais il souligne également une série de faiblesses que Bucarest doit encore rectifier. »

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Le pays reste sous surveillance européenne. Le rapport sur le MCV est clair sur le fait que toute action allant à l’encontre de la progression du pays ou ayant pour effet d’affaiblir ou de réduire les conséquences judiciaires de la corruption aurait un impact sur toutes les évaluations futures.

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