L’UE lance l’Année européenne des citoyens

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La Commission européenne a déclaré que 2013 serait « l’Année européenne des citoyens » en vue de sensibiliser les citoyens européens à leurs droits de façonner l’avenir de l’Europe.

 

La Commission estime que si les 500 millions d'Européens comprennent mieux leurs droits en tant que citoyens de l'Union, ils pourront prendre plus de décisions en toute connaissance de cause dans le cadre de leur vie privée. La vie démocratique européenne en sera plus riche à tous les niveaux.

 

L'année 2013 a donc été désignée comme l'Année européenne des citoyens afin de célébrer le 20e anniversaire de l'établissement de la citoyenneté de l'Union européenne en vertu du traité de Maastricht.

 

Tout au long de l'année 2013, Viviane Reding, la commissaire en charge de la justice, des droits fondamentaux et de la citoyenneté, et d'autres commissaires européens s'associeront à des responsables politiques nationaux et locaux pour tenir des débats avec les citoyens dans toute l'Europe, afin de les écouter et de répondre à leurs questions.

 

« Nous avons besoin de la participation directe de nos concitoyens à la construction d’une Union plus forte et plus politique. C’est pourquoi 2013 a été proclamée Année européenne des citoyens – une année pour vous et pour vos droits en tant qu’Européens », a déclaré Mme Reding.

 

« La citoyenneté de l’Union est plus qu’une notion abstraite. Il s’agit d’une réalité concrète qui procure des avantages tangibles aux citoyens. La Commission européenne souhaite, d’une part, aider les citoyens à comprendre comment ils peuvent bénéficier directement de leurs droits et, d’autre part, être à l’écoute de leur point de vue sur la direction que prend l’Europe », a-t-elle ajouté.

 

Le 10 janvier, le président de la Commission, José Manuel Barroso, et Mme Reding s’associeront au premier ministre irlandais, Enda Kenny, et à sa ministre des affaires européennes, Lucinda Creighton, pour inaugurer l’Année européenne des citoyens 2013 dans la rotonde de l’hôtel de ville de Dublin.

 

Viviane Reding a déjà organisé des débats à Cadix (Espagne), à Graz (Autriche) et à Berlin (Allemagne). Le commissaire en charge de l'emploi, des affaires sociales et de l'inclusion, László Andor, a quant à lui tenu un débat à Naples (Italie).

 

Beaucoup d’autres débats seront organisés dans de nombreuses communes européennes en 2013 et verront des décideurs européens et locaux débattre avec des citoyens de tous horizons dans l’ensemble de l’UE.

 

La citoyenneté en temps de crise

 

Hannes Swoboda, le président du groupe des socialistes et démocrates (S&D), a toutefois déclaré que chaque année devrait être celle des citoyens étant donné que leurs intérêts sont « peu respectés » dans les débats politiques de l'UE.

 

« Les citoyens de l'UE deviennent les victimes des politiques induites par l'austérité afin de sauver les économies européennes. Ils doivent subir les mauvaises décisions prises par les responsables politiques conservateurs qui dominent les politiques européennes », a-t-il ajouté.

 

« Le groupe S&D comprend que les Européens […] doivent être au centre de nos préoccupations. Nous ne pouvons pas tolérer de voir un nombre croissant de jeunes au chômage et des générations entières, jeunes et âgées, tomber dans la pauvreté », a-t-il poursuivi.

 

Anne-Charlotte Oriol, la porte-parole de l'Alliance pour l'Année européenne des citoyens (EYCA), un groupe d'organisations de la société civile à l’échelle de l’UE, a également indiqué que la crise économique actuelle révélait une idée fausse du contenu d'une citoyenneté attachée au projet européen.

 

« À nos yeux, il est évident que la crise économique actuelle, avec ses répercussions sociales et démocratiques, nécessite une réponse européenne articulée sur la base d'un véritable accès aux droits fondamentaux pour tous les résidents, en d'autres termes, une réponse qui garantit une mise en oeuvre réelle de la citoyenneté européenne », a-t-elle déclaré à EURACTIV.

 

« C'est la raison pour laquelle notre réflexion et notre action tout au long de l'année prendront en compte le contexte actuel de la crise pour aborder la citoyenneté participative; le lien entre une citoyenneté participative sociale, économique et politique, car nous estimons que nous pouvons y trouver des réponses durables à la crise », a-t-elle ajouté.

 

Processus à deux sens

 

Les responsables politiques et les citoyens de l'UE doivent également comprendre que la citoyenneté ne se réduit pas aux droits individuels, mais qu'elle concerne essentiellement un véritable accès aux droits qui fait de la société un ensemble cohérent, selon EYCA.

 

La citoyenneté devrait être un processus à deux sens dans lequel la population se sent d'abord concernée par la qualité des politiques publiques destinées à répondre à leurs besoins avant de participer à la définition des politiques à mettre en oeuvre.

 

« Nous espérons qu'une telle compréhension de la citoyenneté de l'Union prévaudra au sein des institutions de l'UE d'ici la fin de l'année et que les résidents européens seront indéniablement au courant de leur rôle dans le projet européen. Il s'agira probablement d'un défi pour nous et tous ceux convaincus qu'il est nécessaire que les citoyens prennent leur place en Europe », a déclaré Mme Oriol.

 

La porte-parole de l'EYCA a souligné que les citoyens de l'Union souhaitaient être en mesure de donner leur avis sur les orientations et les politiques européennes.

 

« Nous voulons être écoutés et nous souhaitons que nos préoccupations aient des conséquences sur ces orientations et politiques. Autrement, comment peut-on attendre des citoyens qu'ils aient le sentiment de participer au projet européen ? »

 

Le président de la Commission européenne, José Manuel Barroso, a déclaré :

 

« Il s’agira [...] de mener un large débat à travers toute l'Europe, qui doit intervenir avant la convocation d’une convention et d’une conférence intergouvernementale : un débat de dimension authentiquement européenne. En effet, essayer de résoudre des problèmes européens en y apportant uniquement des solutions nationales ne rime à rien, et nous ne pouvons continuer ainsi. Ce débat doit avoir lieu dans nos sociétés et parmi nos citoyens. »

 

Anne-Charlotte Oriol, la porte-parole de l'EYCA, a déclaré :

 

« Nous sommes convaincus que cette année peut devenir bien plus qu'une nouvelle opération de communication. L'Europe est inondée de questions, mais les citoyens que nous sommes ont peu, voire pas, de place pour participer à un débat sur l'avenir de l'Europe. Grâce aux organisations de la société civile qui sont membres de l'EYCA et principalement dans tous les États membres de l'UE, nous nous assurerons que les débats nécessaires aient lieu afin de formuler les préoccupations des citoyens, leurs souhaits et leurs idées. »

 

La citoyenneté de l'Union ne se substitue pas à la citoyenneté nationale, mais la complète. Tous les ressortissants des 27 États membres jouissent donc d'une série de droits supplémentaires en tant que citoyens de l'Union.

 

Ces droits englobent le droit de vote et d'éligibilité aux élections municipales et européennes dans les pays de l'Union où ils résident, le droit à la protection consulaire à l'étranger dans les mêmes conditions que les ressortissants nationaux, le droit d'adresser une pétition au Parlement européen, de saisir le Médiateur européen ou, à compter de 2012, de participer à une initiative citoyenne européenne.

 

De nombreux droits découlent de la citoyenneté européenne, mais les citoyens ne le savent pas toujours. Une étude réalisée en 2010 a montré que trop de personnes ne se sentent toujours pas suffisamment informées des différents droits dont elles bénéficient : seulement 43 % d’entre elles connaissent le sens du terme « citoyen de l’Union européenne » et près de la moitié des citoyens européens (48 %) estiment qu’ils ne sont « pas bien informés » de leurs droits.

 

L’Année européenne des citoyens aura notamment pour objet d’expliquer ces droits et de faire en sorte que les citoyens les connaissent et ne soient pas confrontés à des obstacles dans leur exercice.

 

  • 10 janv. : lancement officiel de l'Année européenne des citoyens 2013 à Dublin en Irlande
  • 31 janv. — 4 févr. : la Commission européenne participe au Salon des vacances à Bruxelles, en Belgique
  • 13 févr. : la campagne Jeunesse en mouvement sera présentée à Madrid
  • 19 févr. : consultation organisée par la Commission et le Parlement (commission des libertés civiles, de la justice et des affaires intérieures et commission des pétitions) sur le rapport 2010 relatif à la citoyenneté de l'Union

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