La Turquie critique un arrêt de la justice européenne sur le voile

La Cour de justice de l'Union européenne (CJUE) avait estimé qu'interdire le port du voile pouvait être justifié « par la nécessité pour l'employeur de projeter une image de neutralité à l'égard de la clientèle ou d'éviter des conflits sociaux ». [fizkes/Shutterstock]

Le président turc Recep Tayyip Erdogan a vivement critiqué lundi (19 juillet) un arrêt de la justice européenne autorisant sous condition l’interdiction du voile islamique sur le lieu de travail, l’accusant de méconnaître la liberté de religion.

Jeudi, la Cour de justice de l’Union européenne (CJUE) avait estimé qu’interdire le port du voile pouvait être justifié « par la nécessité pour l’employeur de projeter une image de neutralité à l’égard de la clientèle ou d’éviter des conflits sociaux ».

« La Cour de Justice devrait changer de nom. Cette question n’a rien à voir ni de près, ni de loin avec une cour de justice », a taclé M. Erdogan lors d’une conférence de presse à Istanbul.

« Il ne peut pas y avoir une Cour de justice qui ne sait pas ce qu’est la liberté de religion », a-t-il ajouté.

Le chef d’Etat turc accuse régulièrement les pays européens et l’UE d’ « islamophobie ».

La Turquie a elle-même une histoire complexe avec le voile islamique. Le port de ce dernier a été interdit dans les institutions de l’Etat pendant des décennies, jusqu’à ce que le gouvernement de M. Erdogan l’autorise en 2013.

Avant M. Erdogan, le ministère turc des Affaires étrangères avait fermement condamné dimanche la décision de la CJUE, la qualifiant de « dangereuse » et susceptible d’ « alimenter la haine de l’islam ».

La cour, basée à Luxembourg, avait été saisie par deux femmes musulmanes vivant en Allemagne, une employée d’une pharmacie, l’autre comme puéricultrice. Elles contestaient devant la justice européenne l’interdiction de porter le voile islamique sur leur lieu de travail.

Interdire le voile au travail n’est pas discriminatoire, selon la justice européenne

Interdire le port du voile islamique sur le lieu de travail n’est pas discriminatoire et peut au contraire permettre d’éviter des conflits sociaux, a estimé jeudi (15 juillet) la CJUE.

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