Le Danemark pourrait organiser un référendum sur son statut dans l’UE

C'est Helle Thorning-Schmidt, ancienne première ministre danoise qui a décidé d'organiser un référendum sur l'opt-out du pays, et le nouveau premier ministre, Lars Løkke Rasmussen, l'a avancé à 2015.

Le dirigeant de l’opposition danoise, Lars Løkke Rasmussen, fait monter la pression sur la première ministre, Helle Thorning-­Schmidt. Il appelle à l'organisation d'un référendum sur deux clauses d’exemption.

Chef de file des libéraux, le plus grand parti de l'opposition, M. Rasmussen veut abandonner les clauses d'exemption dans le domaine de la défense et de la justice. Il souhaite voir un référendum organisé en mai 2014, en même temps que les élections européennes. Si le sujet fait consensus au sein de la classe politique, le gouvernement craint une réaction négative de l'opinion publique, qui se doublerait d'un camouflet politique pour le gouvernement.

Lors d’un discours en Norvège début août, l’ancien premier ministre Rasmussen a indiqué qu'il en avait parlé officieusement avec la première ministre.

« Le moment est venu. Nous devons aborder ces clauses d’exemption. Les conséquences négatives du désengagement dans le domaine de la justice sont tellement urgentes qu'il serait irresponsable de continuer à retarder ce référendum. Un large soutien au Parlement est nécessaire, et c'est ce que je propose actuellement », a déclaré M. Rasmussen au quotidien Politiken.

Le Danemark s'est désengagé de quatre politiques communes de l'UE : la sécurité et la défense ; la citoyenneté ; la liberté, la sécurité et la justice ; et l'union économique et monétaire.

Le chef de file des libéraux a proposé d'organiser le référendum en même temps que les élections du Parlement européen en mai 2014 ou dans le cadre de la consultation populaire sur l'Office européen des brevets, probablement début 2014. M. Rasmussen ne veut toutefois pas de référendum sur la clause d'exemption liée à l'euro.

Isolé

Le ministre danois de la justice, Morten Bødskov, a souvent dénoncé les désavantages du désengagement d'Europol, l’office européen qui assure la coopération policière.

Alors que de nombreux États membres appellent à une coopération européenne renforcée, le Danemark risque de se retrouver isolé et définitivement affaibli dans la lutte contre la criminalité transfrontalière, selon M. Bødskov.

Dans son programme, le gouvernement danois avait promis d'organiser un référendum sur les deux clauses d'exemption au cours de son premier mandat. Depuis lors, Helle Thorning-Schmidt a passé outre sa promesse.

La première ministre et le tout nouveau ministre des affaires européennes, Nick Hækkerup, se sont refusés à tout commentaire. Sofie Carsten Nielsen, la rapporteure des sociaux libéraux sur les affaires européennes, a cependant déclaré que ces nouvelles intentions étaient « très positives ».

« Les sociaux libéraux sont les premiers à vouloir supprimer les clauses d'exemption. C'est extrêmement important pour le Danemark. La première ministre doit fixer la date. Mais nous sommes intéressés. Nous écoutons attentivement les propos de M. Rasmussen », a-t-elle expliqué.

Au parlement, les députés danois sont généralement pro-européens. Le gouvernement peine toutefois à mener à bien ses projets de rapprochement du cœur de l'UE, en raison de l'euroscepticisme grandissant au sein de l'opinion publique danoise. Tout référendum sur la question serait probablement négatif.

Pour Marlene Wind, professeur d'études européennes à l'université de Copenhague, l'annonce de M. Rasmussen est « très importante ».

« Un référendum sur les clauses d'exemptions se rapproche sans aucun doute. Nous savons qu'un large soutien au sein des partis pro-européens est nécessaire afin d'obtenir un résultat positif. Un gouvernement ne peut demander un référendum sans soutien clair de l'opposition », a-t-elle expliqué.  

Contexte

Le Danemark a obtenu quatre clauses d’exemption du traité de Maastricht à la suite du premier rejet du traité lors d'un référendum en 1992.

Ces clauses d’exemption sont reprises dans l'Accord d'Édimbourg et concernent l'union économique et monétaire (UEM), la politique de sécurité et de défense commune (PSDC), la justice et les affaires intérieures (JAI) et la citoyenneté de l'Union européenne.

Les Danois ont accepté le traité avec ces désengagements lors d'un référendum en 1993. En 2000, ils ont rejeté un référendum sur l'adoption de l'euro.

Prochaines étapes

  • 22-25 mai 2014 : élections au Parlement européen

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