Le début de la présidence lettone marqué par l’attentat contre Charlie Hebdo

Federica Mogherini, Haute Représentante de l'UE pour les affaires extérieures, lors d'une visite en Irak. Décembre 2014.

Federica Mogherini, Haute Représentante de l'UE pour les affaires étrangères et la politique de sécurité, lors d'une visite en Irak. Décembre 2014. [European Commission]

Les gouvernements et les représentants de l’UE ont discuté des mesures concrètes à prendre après l’attentat contre le journal satirique Charlie Hebdo à Paris, lors du lancement de la présidence lettone de l’UE à Riga. 

« La douleur doit se transformer en actions concrètes, a affirmé, en français, Federica Mogherini, la Haute Représentante pour les affaires extérieures lors d’une conférence de presse à l’issue d’une rencontre à Riga entre la Commission européenne et le gouvernement letton, qui vient de prendre la présidence tournante de l’UE.

À la bibliothèque nationale de Riga, où avait lieu les événements marquants le début de cette présidence tournante, les drapeaux étaient en berne. Le premier ministre letton, Laimdota Straujuma, a déclaré lors d’une autre conférence de presse qu’une importante série de mesures avaient été discutées.

Lors de cette même conférence de presse, le président de la Commission, Jean-Claude Juncker, qui avait également fait le déplacement à Riga, a toutefois déclaré qu’il serait prématuré de prendre des décisions. Il a souligné qu’il s’agissait pour l’instant d’un moment de silence pour l’Europe.

>> Lire : La presse internationale pleure Charlie Hebdo

« D’expérience, je sais que nous ne devons pas réagir au lendemain d’un tel événement en proposant des plans d’action, parce que nous risquons ainsi de faire de graves erreurs. La Commission a promis de présenter un nouveau programme concernant la lutte anti-terroriste dans les semaines à venir », a-t-il expliqué.

Le président de la Commission a ajouté qu’il fallait améliorer la coordination entre les gouvernements nationaux et les agences de sécurité. Il a insisté sur le fait que la lutte contre le terrorisme est une compétence qui relève des États membres, mais que des « interconnexions » devaient être établies entre les autorités nationales, afin de pouvoir prendre des mesures « préemptives ».

Parmi les sujets qui seront discutés figure notamment une proposition de partage des données sur les passagers aériens entre les États membres, une mesure jusqu’ici bloquée par le Parlement européen en raison d’inquiétudes quant à la protection de la vie privée.

De nouvelles mesures de sécurité devraient être débattues lors d’une réunion des ministres des affaires étrangères le 19 janvier, ainsi qu’à celle des ministres de l’intérieur, le 29 janvier.

>> Lire : Débat d’urgence au Parlement européen suite à l’attentat contre Charlie Hebdo

« Nous devrions également nous pencher sur les accords de Schengen, pour voir comment ce système pourrait être renforcé », a proposé Jean-Claude Juncker.

Pas d’amalgames, insiste Federica Mogherini

Federica Mogherini a aussi souligné que l’UE devrait faire face à ces problèmes en établissant des mesures de sécurité au sein de l’UE, mais également en partenariat avec d’autres pays arabes, africains et asiatiques. Ces deux aspects doivent, selon elle, être coordonnés : « il n’y a pas de ligne de division interne-externe lorsqu’il s’agit de notre sécurité ».

« La lutte contre le terrorisme est un défi non seulement politique, mais aussi culturel que l’on partage avec nos partenaires un peu partout dans le monde, en commençant par les pays Arabes, les pays d’Afrique et de l’Asie parce que l’on est convaincu qu’il faut détacher complètement le mot ‘terrorisme’ du mot ‘islam’ », a-t-elle insisté.

Subscribe to our newsletters

Subscribe

Envie de savoir ce qu'il se passe ailleurs en Europe? Souscrivez maintenant à The Capitals.