Le parquet allemand favorable à l’extradition de Puigdemont

Prison de Neumünster, le 2 avril 2018. [Clemens Bilan/EFE]

La perspective de l’extradition vers l’Espagne de Carles Puigdemont, l’ancien président de Catalogne, pour rébellion et détournement de fonds publics se rapproche. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Le parquet du Schleswig-Holstein, l’État régional allemand où est détenu Carles Puigdemont sous le coup d’un mandat d’arrêt européen émis par la justice espagnole, a demandé le maintien de l’ancien président de Catalogne en détention en vue de son extradition. Le procureur général a jugé que l’ancien président catalan devait rester en prison pour éviter qu’il ne s’enfuie avant que le tribunal allemand compétent se prononce sur la décision finale dans les jours à venir.

« Le chef d’accusation de rébellion concerne, principalement, la tenue d’un référendum anticonstitutionnel, alors que des affrontements violents étaient à prévoir », a déclaré le procureur dans un communiqué, qui a jugé que le crime reproché à Carles Puigdemont se rapprochait de la «  haute trahison » dans le code pénal allemand et qu’une équivalence exacte n’était pas nécessaire.

Manifestation devant la prison de Neumünster pour libérer Puigdemont

Carles Puigdemont a été arrêté le 25 mars par la police allemande à la frontière danoise. Après cette annonce, des manifestants sont descendus dans la rue pour exprimer leur indignation. Un article de notre partenaire, Euroefe.

De plus, les chefs d’inculpation de détournement de fonds et de corruption pour l’organisation d’un référendum sécessionniste illégal le 1er octobre 2017 sont valables au regard du droit allemand, a estimé le procureur général.

Le parquet a souligné que les forces de police avaient indiqué qu’après les affrontements violents du 20 septembre 2017 entre les citoyens catalans et la Garde civile, ils s’attendaient à une multiplication des faits de violence le jour du référendum.

Carles Puigdemont a toutefois choisi de maintenir la consultation publique en dépit de ces mises en garde et s’est engagé à ce que la police autonome garantisse aux partisans de l’indépendance catalane de voter.

Cinq mois après avoir fui son pays, Carles Puigdemont a été arrêté le dimanche 25 mars sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par Pablo Llarena, le juge de la Cour suprême espagnole. Il a été interpellé peu après son entrée sur le territoire allemand. L’ancien dirigeant revenait d’une visite de deux jours en Finlande où il a tenu une conférence et a rencontré des parlementaires finlandais. Il voulait retourner à Bruxelles, son lieu de résidence depuis son départ d’Espagne.

Un jour après son arrestation, un tribunal de première instance allemand a décrété qu’il devait rester provisoirement en prison avant que la cour compétente se prononce sur la demande d’extradition espagnole.

Pendant son séjour en prison, le dirigeant séparatiste a reçu la visite de ses avocats, l’Espagnol Jaume Alonso-Cuevillas et l’Allemand Wolfgang Schonburg, ainsi que de plusieurs politiciens allemands, comme l’eurodéputé eurosceptique Bernd Luck et l’eurodéputé de gauche Dieter Dehm.

Les partis indépendantistes remportent les élections en Catalogne

Ensemble, les partis indépendantistes ont obtenu une majorité absolue de sièges lors des élections régionales du 21 décembre. Pourtant, c’est le parti « unioniste » Ciudadanos qui est arrivé en tête de ce scrutin.

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