Le procès Monsanto relance le débat sur le glyphosate en Europe

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La lourde condamnation du géant agrochimique américain Monsanto aux États-Unis pour ne pas avoir informé de la dangerosité de son produit Roundup pourrait relancer le débat en Europe sur l’interdiction du glyphosate.

Le gouvernement français a qualifié d’« historique » le jugement d’un tribunal américain qui selon le ministère de la Transition écologique.

Bête noire des agriculteurs et des militants écologiques, le glyphosate est le produit chimique contenu dans Roundup, un herbicide à l’origine du cancer du jardinier américain Dewayne Johnson. C’est à lui que la compagnie doit payer près de 290 millions de dollars de dommages à la suite du jugement rendu en première instance.

« Nous avons pris une première décision en France (de bannir le glyphosate), mais ce ne doit être que le début d’une guerre que nous devons mener tous ensemble pour réduire massivement les molécules les plus dangereuses », a affirmé le ministre Nicolas Hulot à BFMTV, appelant Européens et Américains à participer à cette « guerre » contre ces produits.

« J’aimerais bien que nos voisins européens, sans oublier nos amis outre-Atlantique, prennent des décisions aussi rapides et déterminées que nous le faisons en France », a-t-il également dit.

La France renonce à interdire plus rapidement le glyphosate

Promise par Emmanuel Macron, l’interdiction du glyphosate sous trois ans en France n’a toutefois pas été adoptée lors de l’examen du projet de loi Agriculture et alimentation.

Selon l’ancien animateur de télévision, la décision française « ne doit être que le début d’une guerre que nous devons mener tous ensemble pour réduire massivement les molécules les plus dangereuses sans attendre la démonstration absolue » de leur dangerosité par « une liste funeste tragique ».

Renouvellement pour cinq ans

Les pays de l’Union européenne ont voté de justesse en novembre en faveur du renouvellement pour cinq ans de l’autorisation de cet herbicide jugé dangereux par les défenseurs de l’environnement, mais que les agriculteurs veulent pouvoir continuer à utiliser.

Si la France compte faire interdire le glyphosate sur son sol d’ici trois ans, elle n’a pas exclu une dérogation pour les « 10% » de cas où il n’y aurait pas d’alternative pour les agriculteurs français ».

Le rejet fin mai à l’Assemblée nationale d’un amendement, soutenu par Nicolas Hulot, qui visait à inscrire dans la loi l’interdiction en 2021 de l’herbicide soupçonné d’avoir un effet cancérigène, a suscité les inquiétudes des écologistes qui y ont vu un recul de l’exécutif.

« Ce jugement, c’est une nouvelle fois la preuve que les pesticides sont dangereux pour la santé, des utilisateurs en premier lieu, et donc des paysans et des paysannes, et puis par ricochet aussi de ceux qui consomment les produits », a indiqué à l’AFP le porte-parole de la Confédération paysanne, Laurent Pinatel.

Le bannir nécessitera selon lui « des moyens techniques avec la recherche (…) car les pesticides, c’est un outil de compétitivité dans la guerre économique ».

« Sûr et non cancérogène »

Plusieurs associations françaises de défense de l’environnement ont également salué la condamnation du groupe américain, propriété de l’allemand Bayer.

« La justice agit là ou le gouvernement n’est pas présent, il faut que les citoyens continuent de se mobiliser pour que le glyphosate soit enfin interdit en France et en Europe », a indiqué à l’AFP Suzanne Dalle, de Greenpeace France.

Monsanto sur le banc des accusés dans un procès visant le Roundup 

Monsanto s’est retrouvé lundi sur le banc des accusés lors d’un procès à San Francisco qui devra établir si son herbicide Roundup est cancérigène et si le groupe américain a volontairement caché la dangerosité de ce produit élaboré à partir du glyphosate.

L’association « Générations Futures » a également salué cette « décision historique qui reconnaît le caractère cancérogène de ces produits à base de glyphosate ».

Bayer a affirmé samedi que le glyphosate était « sûr et non cancérogène ». Des milliers de procédures contre Monsanto sont en cours aux États-Unis, à des degrés divers d’avancement.

 

 

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