Le Sénat vote un texte non contraignant pour définir l’antisémitisme

Rappelant que l'Assemblée nationale a voté en 2019 une résolution similaire du groupe LREM, la ministre chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa s'est dite « heureuse aujourd'hui que le Sénat s'inscrive dans cette même démarche ». [IAN LANGSDON/EPA]

Le Sénat a approuvé largement mardi (5 octobre) une proposition de résolution de sa majorité de droite, soutenue par le gouvernement, qui reprend la définition de l’antisémitisme proposée par l’Alliance internationale pour la mémoire de l’Holocauste (IHRA).

Rappelant que l’Assemblée nationale a voté en 2019 une résolution similaire du groupe LREM, la ministre chargée de la Citoyenneté Marlène Schiappa s’est dite « heureuse aujourd’hui que le Sénat s’inscrive dans cette même démarche ».

« Il s’agit d’une résolution, elle n’a pas de valeur juridique contraignante, elle ne modifie pas notre droit (…) mais elle peut servir de base à l’application de la loi comme servir de base aux politiques publiques », a-t-elle précisé, soulignant qu’elle permettra de mieux identifier, de mieux caractériser l’antisémitisme.

La définition de l’IHRA a été adoptée par le Parlement européen et une vingtaine de pays et appuyée par Emmanuel Macron en février 2019 devant le Conseil représentatif des institutions juives de France (Crif). Elle ne fait cependant pas consensus, ses détracteurs estimant qu’elle peut interdire de critiquer Israël.

« La résolution précise que la définition de l’antisémitisme que nous recommandons n’est pas contradictoire avec la liberté de critiquer les politiques menées par le gouvernement israélien », a rassuré la ministre.

Pour le président du groupe LR, Bruno Retailleau, auteur de la proposition de résolution avec son homologue centriste Hervé Marseille, la définition proposée est « suffisamment large pour prendre en compte l’ensemble des nouvelles expressions de l’antisémitisme » et « suffisamment stricte pour ne pas blesser la liberté d’opinion ».

« Réaffirmer dans cet hémicycle notre attachement à cette lutte essentielle pour le bien vivre ensemble était impérieux au moment où certains cherchent à réhabiliter le pétainisme et dénient le droit aux enfants tués à Toulouse (en 2012 par Mohamed Merah, ndlr) d’être enterrés en Israël », a affirmé de son côté M. Marseille.

La résolution a été votée à main levée par l’ensemble des groupes politiques, à l’exception du CRCE à majorité communiste, qui n’a pas pris part au vote, et du groupe écologiste qui s’est abstenu.

« Il y a des combats qui doivent rassembler et même transcender les élus, la lutte contre l’antisémitisme est de ceux-là », a estimé le socialiste Rachid Temal.

Jugeant la résolution « trop déséquilibrée », l’écologiste Guy Benarroche a indiqué que son groupe déposerait « un texte très rapidement sur la lutte contre le racisme, l’antisémitisme et les discriminations ».

Pierre Ouzoulias (CRCE) a regretté que la résolution « ne mentionne aucunement la nouvelle irruption dans le débat public de thèses négationnistes et de tentatives de réhabilitation de l’État français du maréchal Pétain » .

« Penser que certains abrutis utilisent les symboles de la Shoah pour manifester contre le pass sanitaire me donne la nausée », a déclaré de son côté la centriste Nathalie Goulet, tandis que Roger Karoutchi (LR) estimait qu’ « en arriver à cette résolution, c’est surtout la marque d’un échec de toutes nos politiques publiques depuis vingt ans ».

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