Les ministres de l’Intérieur imaginent des centres d’asile à l’étranger

Des migrants manifestent contre les expulsion, Bruxelles. [Georgi Gotev]

Les ministres de l’Intérieur de l’UE se sont attaqués aux moyens de gérer le nombre toujours croissant de migrants fuyant  les zones de conflits au Moyen-Orient et  en Afrique du Nord en immigrant illégalement en Europe.

Face à l’augmentation des flux migratoires illégaux vers l’Europe, les ministres de l’Intérieur des 28 Etats membres envisagent la mise en place de centres de traitement des demandes d’asile dans des pays tiers, lors d’une réunion le 12 mars. 

« La pression migratoire ne fait que s’accentuer », a déclaré Rihards Kozlovskis, ministre de l’Intérieur letton, après les discussions, qui se sont déroulées à Bruxelles.

« L’Union européenne doit en faire davantage, non seulement dans les pays méditerranéens, mais aussi au niveau des frontières terrestres dans les Balkans. » Le ministre a ajouté que les 28 étaient « décidés à prendre les mesures nécessaires ».

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Le nombre de migrants arrivés illégalement dans l’UE a presque triplé entre 2013 et 2014, passant à 276 000 personnes, selon Frontex, l’agence européenne de gestion des frontières. La vaste majorité d’entre eux, 220 000, sont arrivés par la Méditerranée.

L’ONU estime qu’au moins 3 500 migrants ont trouvé la mort l’an passé en traversant la Méditerranée, qui devient donc la route migratoire la plus dangereuse du monde.

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La Libye reste le point de départ de beaucoup de ces migrants. Les divisions entre les factions en conflit, ainsi que la montée de la violence islamiste, font de la Libye l’un des pays qui inquiètent le plus l’UE.

« Si la question libyenne n’est pas résolue, il ne sert à rien d’espérer endiguer les départs », estime de fait le ministre de l’Intérieur italien, Angelino Alfano.

« La priorité de toute la communauté internationale doit être de mettre en place des centres sur le territoire africain, afin d’y traiter les demandes d’asile. »

L’Europe est aussi confrontée à la menace posée par les jeunes citoyens radicaux qui reviennent après avoir combattu aux côtés des djihadistes en Syrie et en Irak, comme l’a illustré en janvier les attentats contre Charlie Hebdo.

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Depuis 1999, l'UE œuvre à la création d'un régime d'asile européen commun et à l'amélioration de son cadre législatif actuel en matière d'immigration.

De nouvelles règles européennes ont été approuvées. Elles définissent des normes communes et des critères de coopération afin de garantir le traitement équitable des demandeurs d'asile dans le cadre d'un système ouvert et juste. Et ce, peu importe le pays dans lequel ils formulent leur demande.

Les États membres de l'UE ont toutefois rejeté une proposition de la Commission européenne, qui souhaitait appliquer le principe de solidarité, pour que les demandeurs d'asile des pays les plus touchés par l'arrivée de migrants soient redirigés vers d'autres États membres.

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