Les Roumains perdent espoir d’intégrer Schengen

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Confrontée aux fortes réticences des anciens États membres de l'UE tels que la France, la Roumanie n'espère plus obtenir une date précise pour pouvoir intégrer l'espace Schengen, mais se tient prête.

« Nous sommes prêts à intégrer Schengen, quand vous le serez de votre côté », compte dire le ministre roumain de l'Intérieur, Radu Stroe, à ses homologues lors d'une réunion à Bruxelles le 5 décembre.

À la demande de Victor Ponta, le premier ministre roumain, Radu Stroe va expliquer aux ministres de l'UE que la Roumanie est prête à intégrer l'espace Schengen, mais ne fera plus de tentative pour obtenir une date. 

Selon la presse du pays,  les Roumains sont plus que lassés de s'entendre dire « prochainement » quand il s’agit de Schengen.

Les ministres de l'UE aborderont ce sujet le 5 décembre, selon l'ordre du jour du Conseil « justice et affaires intérieures »

Membres sur le plan juridique ou pas ?

La Commission européenne considère déjà depuis trois ans que la Bulgarie et la Roumanie, États membres de l'UE depuis 2007, sont prêtes techniquement à intégrer Schengen.

Michele Cercone, porte-parole de la commissaire aux Affaires intérieures, Cecilia Malmström, a déclaré le 2 décembre que « la Bulgarie et la Roumanie étaient membres de l'espace Schengen sur le plan juridique ».

Cependant, un certain nombre d'anciens États membres de l'UE, notamment les Pays-Bas et l'Allemagne, s'opposent à l'adhésion des nouveaux venus à l'espace Schengen. Ils ont fait usage de leur droit de veto à plusieurs reprises.

Lors d'une session tenue par le gouvernement roumain le 3 décembre, Victor Ponta a déclaré :

« Nous avons fait tout ce qui était en notre pouvoir pour adhérer à l'espace Schengen. Il ne reste plus que les États membres nous donnent leur accord. Nous n'attendons plus de date précise. Quand ils en auront tous fini avec leurs élections nationales et réglé leurs problèmes, nous serons prêts, » a poursuivi Victor Ponta. Il fait allusion à la progression du populisme parmi la classe politique dans les pays occidentaux.

Selon différents médias, les pays les plus hostiles à l'adhésion de la Roumanie et de la Bulgarie dans l'espace Schengen, sont en premier lieu les Pays-Bas et la Finlande. Mais la France et l'Allemagne sont également fréquemment citées. Cependant, Paris a montré des signes d'ouverture dernièrement. L'exécutif français a fait savoir qu'il ne serait pas opposé à une adhésion progressive des deux pays candidats. Il propose dans un premier temps l'ouverture des frontières maritimes et aériennes, puis dans un deuxième temps de celles terrestres.

De nombreuses confusions

Certaines personnalités politiques des pays occidentaux font état d’une confusion voire d’une mécompréhension sur la question.

L'adhésion à l'espace Schengen ne signifie pas « une ouverture des frontières occidentales » aux citoyens bulgares et roumains. Ils sont en effet libres de circuler dans l'espace Schengen depuis 2001. Elle ne va pas accentuer la migration de la population rom provenant de ces deux pays vers l’Ouest non plus.

Schengen n'a en outre pas de liens avec le mécanisme de coopération et de vérification (CVM) mis en place par la Commission afin d'aider la Bulgarie et la Roumanie à surmonter les failles dans leurs systèmes législatifs.

Néanmoins, nombre d'hommes politiques à l'Ouest ont déclaré qu'ils n'ouvriront pas leurs frontières aux populations roms. Amsterdam s'est dite prête à retirer son veto seulement si deux rapports successifs du CVM donnent un avis positif. Pour l'heure, tous les rapports ont été critiques. Le prochain est prévu pour janvier 2014.

Quand la Bulgarie et la Roumanie auront rejoint l'espace Schengen, les contrôles aux frontières gréco-bulgares et hongro-roumaines prendront fin. Jusqu’à ce jour, la Grèce, membre de Schengen depuis 1992, ne partage pas de frontières directes avec les autres États membres de l'espace. En outre, les voyageurs en provenance ou en partance de Bulgarie et de Roumanie ne devraient plus subir de contrôles de passeport aux aéroports.

Certains spécialistes affirment que les vagues récentes d'immigration ont eu un impact sur le processus d'élargissement de l'espace Schengen. La Grèce connaît de graves difficultés vis-à-vis des immigrants. Ces derniers sont alors tentés de quitter la République hellénique pour chercher de nouvelles opportunités au nord du territoire dans l’Union.

Schengen est un village situé à la frontière du Luxembourg, de la France et de l'Allemagne, où un accord a été signé en 1985 pour abolir progressivement les contrôles aux frontières entre ces pays, les Pays-Bas et la Belgique.

Le processus se poursuit depuis lors. En 1995, le contrôle aux frontières a été levé entre la Belgique, l'Allemagne, la France, le Luxembourg, les Pays-Bas, l'Espagne et le Portugal.

Aujourd'hui, l'espace Schengen de libre circulation compte 25 membres : 22 États membres de l'UE (tous sauf la Bulgarie, la Roumanie, l'Irlande, la Grande-Bretagne et Chypre) et trois pays associés : la Norvège, l'Islande et la Suisse. Le Danemark a signé l'accord de Schengen, mais il s'est gardé le droit de ne pas appliquer certaines mesures.

Le Royaume-Uni et l'Irlande ont décidé, de leurs côtés, de ne pas intégrer l'espace Schengen.

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