Manifestation devant la prison de Neumünster pour libérer Puigdemont

Cinq mois après avoir fui son pays, Carles Puigdemont a été arrêté ce dimanche 25 mars sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par Pablo Llarena, le juge de la Cour suprême espagnole, pour rébellion et détournement de fonds. [EFE/Focke Strangmann]

Carles Puigdemont a été arrêté le 25 mars par la police allemande à la frontière danoise. Après cette annonce, des manifestants sont descendus dans la rue pour exprimer leur indignation. Un article de notre partenaire, Euroefe.

Dimanche 25, Neumünster. Mar et Angela regardent d’un air sombre l’entrée de la prison  (dans l’ouest de l’Allemagne), où a été incarcéré quelques heures auparavant Carles Puigdemont, l’ancien président de Catalogne, arrêté par la police allemande après l’émission de son mandat d’arrêt européen.

« Libérez Puigdemont », peut-on lire sur une bannière tenue par les deux Espagnoles, pour protester contre l’incarcération de l’indépendantiste dans une petite ville allemande d’à peine mille personnes, entre Kiel et Hambourg, dans l’État fédéré de Schleswig-Holstein.

Mar, une Catalane de Barcelone de 29 ans, qui enseigne le catalan à l’université de Kiel, a appris la nouvelle sur internet et a décidé immédiatement de se rendre sur place pour protester devant la prison. « Je suis indépendantiste. Mais même si je ne l’étais pas, je serais tout de même présente, cela va au-delà du mouvement indépendantiste », explique-t-elle.

Angela est pour sa part née dans la province de Castellón, mais vit en Allemagne depuis 2006. Elle aussi s’est rendue à Neumünster après l’annonce de l’arrestation de l’ancien président de Catalogne. « Je ne suis pas indépendantiste, mais il s’agit d’une attaque contre la démocratie », dit Angela, bien au courant du problème catalan et qui estime que les Catalans doivent être en mesure de décider de leur avenir.

Elle compte bien manifester devant la prison jusqu’à ce qu’elle n’en puisse plus, malgré le temps maussade et gris.

À côté de Mar et d’Angela proteste en silence un petit groupe d’Allemands : certains brandissent un drapeau antifasciste et d’autres l’estelada (le drapeau indépendantiste catalan). Ils revendiquent ensemble la liberté des prisonniers politiques catalans arrêtés en Espagne en raison du référendum catalan jugé illicite par Madrid.

« Je suis venue ici spontanément. Mais il s’y organise quelque chose. Demain, il y aura une autre manifestation ici, en face de la prison. Des Allemands du nord du pays veulent venir ici pour protester. Il y aura aussi des manifestations à Hambourg et à Berlin », assure Mar.

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60 jours pour extrader Puigdemont

Il règne en effet une agitation inhabituelle autour du centre pénitencier discret, un bâtiment classique en briques rouges. Aux manifestants se mêle une poignée de journalistes, qui filment la scène.

Les quelques automobilistes intriguées qui passent à côté des manifestants ralentissent pour déchiffrer les pancartes. Les habitants de Neumünster n’ont pas encore réalisé que leur ville était maintenant liée, par le plus grand des hasards, à la crise catalane.

Certains prisonniers ont remarqué la présence des médias et crient par les fenêtres des slogans inintelligibles en allemand, tandis que d’autres hurlent de rire.

Une patrouille de police jette un œil sur les manifestants et sur les journalistes depuis leur camionnette, à l’extérieur de la scène.

Cinq mois après avoir fui son pays, Carles Puigdemont a été arrêté ce dimanche 25 mars sous le coup d’un mandat d’arrêt européen lancé par Pablo Llarena, le juge de la Cour suprême espagnole, pour rébellion et détournement de fonds. Il aurait été suivi par les services secrets espagnols depuis sa sortie de Finlande, vendredi après-midi jusqu’à dimanche matin.

L’ancien dirigeant catalan a été interpellé peu après son entrée sur le territoire allemand. Il a été incarcéré, après un bref passage au commissariat local, dans la prison de Neumünster, dans l’attente d’une décision d’extradition de la justice espagnole. La justice allemande dispose de 60 jours à compter de son arrestation pour extrader Carles Puigdemont sur le fond de l’exécution du mandat d’arrêt, indépendamment des recours qui pourraient être introduits contre l’extradition.

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