Bilan mitigé pour l’opération de lutte contre les passeurs en Méditerranée

La côte libyenne, près de Tripoli. [joepyrek/Flickr]

Depuis son lancement en juin 2015, la mission de l’UE visant à prévenir l’immigration illégale en Méditerranée, a permis d’arrêter 101 passeurs, de neutraliser 387 bateaux et de porter secours à 33 296 migrants en mer.  Un article d’Euractiv Espagne.

Manlio Scopigno, responsable de l’opération, s’est félicité du bilan positif de la mission le 16 février dernier à Genève, lors d’une conférence organisée par l’université Webster sur la protection des réfugiés et les interventions humanitaires internationales.

« Notre mandat spécifique est d’identifier, d’arrêter et d’immobiliser toute embarcation transportant des immigrés illégaux, et non pas de sauver des vies en mer », a-t-il précisé.

« Cependant, nous avons l’obligation juridique et morale de porter secours à quiconque se trouve en situation de détresse en mer. C’est pourquoi nous avons sauvé plus de 33 000 individus depuis le début de notre opération. »

Le brigadier général a indiqué que les différentes flottes de l’opération Sophia ont permis à 33 296 immigrants d’échapper à la mort, même s’il estime que ce chiffre représente seulement 13 % des personnes ayant tenté de traverser la Méditerranée au cours de la même période. Par ailleurs, 101 passeurs ont été arrêtés et 387 bateaux saisis au cours des 18 mois d’opération.

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La mission navale EUNAVFOR Med, aussi appelée « opération Sophia », a débuté en juin 2015 dans le but de lutter contre les mafias faisant passer des immigrants par la mer Méditerranée et de surveiller l’embargo sur les armes, instauré après le vote d’une résolution du Conseil de sécurité des Nations unies.

Un an plus tard, les ministres des Affaires étrangères de l’UE ont décidé de prolonger son mandat pour une durée de 12 mois et d’accroître ses responsabilités, en ajoutant un programme spécifique de formation des garde-côtes libyens.

« Étant donné qu’il nous est impossible de pénétrer en territoire libyen, nous faisons de notre mieux pour entraîner les soldats locaux afin qu’ils soient en mesure d’intercepter les embarcations », a ajouté Manlio Scopigno.

Pourtant, selon Ayub Qasem, un amiral de la marine libyenne, la mission Sophia n’est qu’une opération de propagande incapable d’atteindre ses objectifs, « un échec ».

Pour lui, ce sont les personnalités politiques européennes, et non les militaires, qui sont responsables de l’échec de la mission. Il les accuse d’utiliser l’interdiction d’accès aux eaux territoriales libyennes comme excuse.

Entre le 1er janvier et le 8 février 2017, 9 355 migrants ont débarqué sur les côtes européennes en traversant la Méditerranée, de la Libye à l’Italie. D’après l’Organisation internationale pour les migrations (OIM), 231 d’entre eux y ont laissé la vie. L’an dernier, au cours de la même période, 6 030 migrants sont arrivés à bon port et 90 sont décédés.

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