Une magistrate roumaine bientôt procureure de l’UE?

epa06874925 Laura Codruta Kovesi, , procureure générale du bureau anticorruption roumain, le 9 juillet 2018, avant son écartement. [Bogdan Cristel/EPA/EFE]

Laura Codruţa Kövesi, de l’agence anticorruption roumaine, est la candidate la plus en vue pour le poste de tout premier procureur général du Parquet européen.

Le Parquet européen, prévu par le traité de Lisbonne, en 2009, coordonnera les efforts des autorités policières nationaux, de la police européenne et des agences Europol et Eurojust, ainsi que ceux du bureau antifraude, l’OLAF.

Le procureur général de ce Parquet aura le pouvoir de coordonner des enquêtes, de geler et de saisir des avoirs et d’arrêter des suspects au-delà des frontières.

Le parquet européen prendra ses fonctions en 2018

Le Parlement européen a adopté le 6 octobre le parquet européen, qui entrera en fonction en 2018 et sera chargé d’enquêter sur les fraudes liées au budget européen.

Laura Codruţa Kövesi, ancienne procureure générale de l’agence anticorruption roumaine (DNA), serait en bonne position dans le processus de sélection. Ses actions à la DNA ont été acclamées par Bruxelles et les capitales européennes, mais pas dans son pays d’origine, où les sociaux-démocrates au pouvoir (PSD) ont obtenu sa destitution en juillet dernier.

La Roumaine dirigeait l’agence de lutte contre la corruption depuis 2013 et, sous sa direction, les condamnations de hauts fonctionnaires se sont multipliées. Le PSD a justifié sa décision en assurant qu’elle avait des motivations politiques et avait lancé une vraie chasse aux sorcières.

Sur Facebook, le parti d’opposition Union sauvez la Roumanie (USR) a soutenu la candidature de Laura Codruţa Kövesi,qu’il estime « à un pas » de l’obtention du poste et a indiqué qu’il demanderait aux eurodéputés de soutenir sa candidature. La décision finale sera prise par la Commission européenne à la fin du mois. La nomination doit ensuite être approuvée par le Parlement européen.

Selon Euractiv Roumanie, le Parti libéral national (PNL), également dans l’opposition, soutient aussi la magistrate. Avec l’USR, il appelle le ministre de la Justice Tudorel Toader à renoncer à son projet de blocage de la nomination de sa compatriote.

Le ministre social-démocrate aurait en effet l’intention de saper sa candidature en envoyant aux ministres des 27 autres pays membres, qui siègent au Conseil justice et affaires intérieures les raisons de son renvoi de la DNA. La Roumanie assure actuellement la présidence tournante du Conseil de l’UE.

Il y avait au départ 24 candidats, mais ce nombre a été ramené à trois, Laura Codruţa Kövesi, Jean-François Bohnert (France) et Andres Ritter (Allemagne).

Justice et corruption : la Roumanie en marche arrière

La Commission européenne reproche à la Roumanie de faire marche arrière sur des valeurs comme la liberté de presse. Bucarest menace à demi-mot de saisir la Cour de justice.

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