Des migrants manifestent devant le Conseil européen

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« Je suis un immigrant sans papiers, comme beaucoup de personnes ici, et nous sommes venus dire au Parlement européen et aux eurodéputés que la situation actuelle est un problème qu’ils ont créé et qu’ils peuvent résoudre. Nous voulons donc qu’ils sauvent ces personnes qui meurent dans la mer Méditerranée. »

Doudou est un immigrant clandestin originaire de Gambie qui, comme 1 000 autres manifestants, veut envoyer un message clair à l’Europe et à ses dirigeants.

Comme lui, de nombreux autres migrants ont manifesté dans les rues de Bruxelles avec des cercueils en bois, célébrant ainsi l’enterrement symbolique des 900 migrants qui ont trouvé la mort dans la mer Méditerranée dimanche. Leur bateau en partance de Libye et à destination d’une vie meilleure en Europe a fait naufrage. Seules 28 personnes ont pu être sauvées.

En marge du sommet extraordinaire des dirigeants européens à Bruxelles, les ONG et la société civile ont appelé l’UE à mettre en place une opération humanitaire plurinationale et à ouvrir les frontières.

« Nous devons ouvrir nos frontières pour que les migrants puissent obtenir l’asile. Il faut sensiblement augmenter le nombre de réinstallations de réfugiés, délivrer des visas humanitaires et adopter une approche plus souple du regroupement familial, mais la priorité cette semaine est le rétablissement immédiat d’un programme de recherche et de sauvetage à grande échelle en Méditerranée centrale », a déclaré Iverna Mc Gowan, directrice adjointe du bureau des institutions européennes chez Amnesty International.

Lors du sommet extraordinaire, les dirigeants européens ont triplé les fonds et les équipements disponibles des deux missions de patrouilles frontalières en Méditerranée.

Pour les activistes, la réponse de l’UE à l’accablant nombre de morts n’est tout simplement pas suffisante.

« Nous sommes très inquiets du fait que la seule chose à laquelle pensent les dirigeants européens est de doubler le financement de l’opération Triton » craint Iverna McGowan.

« Cela ne sauvera pas des vies. Ce dont nous avons besoin, c’est d’une véritable opération humanitaire en haute mer avec des ressources adéquates qui nous permettraient de couvrir toute la zone concernée. C’est la seule manière de changer la donne. »

Nombreux sont ceux qui pensent que la crise actuelle est due au remplacement l’année dernière du programme de recherche et de sauvetage Mare Nostrum par un programme beaucoup moins ambitieux.

Le bilan s’est alourdi avec environ 1750 morts depuis le début de l’année 2015. En 2014, seuls 100 migrants avaient trouvé la mort sur la même période.

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