Le ministre espagnol de la Justice Félix Bolaños (Parti socialiste ouvrier espagnol/PSOE, Socialistes et Démocrates européens) et le vice-secrétaire du Parti populaire (Partido Popular/PP) Esteban González Pons se réuniront à nouveau ce lundi (19 février) à Bruxelles avec le commissaire européen à la Justice, Didier Reynders, qui jouera le rôle de médiateur, pour tenter de résoudre le blocage du Conseil général du pouvoir judiciaire, la plus haute instance judiciaire d’Espagne, qui fonctionne sur une base intérimaire depuis plus de cinq ans.
La deuxième réunion entre les deux responsables politiques aura lieu lundi après-midi, juste après la publication par la Commission européenne d’une déclaration résumant les progrès réalisés jusqu’à présent à ce sujet, ont indiqué des sources de la Commission à EFE, média partenaire d’Euractiv.
Après une première rencontre le 31 janvier dernier, M. Reynders s’est montré très optimiste quant à « l’engagement » des deux parties à faire avancer le dialogue, marqué par un échange constant d’accusations entre le PP et le PSOE au pouvoir.
La Commission européenne estime qu’il est crucial de parvenir à un accord avant les élections européennes de juin et a fixé le mois de mars comme date limite pour parvenir un accord.
M. Bolaños a promis, à l’issue de la première réunion, de « travailler dur » avant ce qu’il a qualifié alors de « dernière chance » de rétablir une certaine « normalité » au Conseil général du pouvoir judiciaire, organe constitutionnel qui a pour rôle de garantir l’indépendance des juges dans l’exercice de la fonction judiciaire face à tous, et dont le renouvellement est bloqué depuis 2018, le PSOE et le PP, le principal parti d’opposition, se rejetant mutuellement la responsabilité du blocage.
Le Conseil général du pouvoir judiciaire fonctionne depuis cette 2018 par intérim, ce qui a nui à l’ensemble du système judiciaire, entraînant de nombreux retards et des problèmes dans la résolution de plusieurs affaires judiciaires en suspens.
En janvier dernier, le gouvernement a remercié M. Reynders et la Commission européenne pour leurs efforts de médiation, mais le PP s’est montré très pessimiste.
M. González Pons a néanmoins assuré que le PP gardait la porte ouverte au dialogue avec le PSOE.
Le 26 janvier, la Commission a accepté de jouer un rôle de médiateur à la demande expresse du gouvernement progressiste espagnol (PSOE-Sumar) et du PP.
[Édité par Anne-Sophie Gayet]


