Les ingénieurs ou les médecins étrangers qui posent leur candidature pour un emploi dans l’UE devraient gagner au moins 1,5 fois le salaire moyen de leur pays d’accueil pour être définis comme des « travailleurs qualifiés ». C’est ce qu’ont décidé les ministres européens avant la réunion sur la justice et les affaires intérieures de jeudi (25 septembre).
Mardi 23 septembre, des sources de la présidence française ont indiqué avoir réalisé un progrès sur les négociations sur la directive « carte bleue » visant à attirer la main-d’œuvre hautement qualifiée vers l’UE.
Les ministres européens de la Justice et de l’Intérieur devraient appuyer la proposition lors d’une réunion les 25 et 26 septembre.
La définition de ce que la main-d’œuvre qualifiée représente en réalité a été l’une des pierres d’achoppement en vue d’un accord sur la directive « carte bleue », qui fait partie d’une politique européenne plus vaste en matière d’immigration et d’asile.
Les ministres sont déjà presque sur le point de parvenir à un accord final par rapport au pacte sur l’immigration et l’asile. Ils espèrent que ce pacte sera officiellement adopté lors du sommet européen du 15 octobre. Mais des sources ont indiqué qu’il restait encore du travail concernant la directive carte bleue.
Selon ces mêmes sources, des tentatives précédentes en vue d’établir des listes des professions éligibles à la carte bleue avaient été abandonnées. En revanche, il semblerait que l’on parvienne à un consensus sur le seul critère du niveau de salaire. Les différences de salaires sont très grandes à travers l’UE. Pour remplir les conditions d’obtention d’une carte bleue, les immigrants devront trouver un employeur qui offre un salaire au moins 1,5 fois plus élevé que le salaire moyen de leur pays d’accueil.
Certains pays européens avaient proposé un taux deux fois plus élevé que le salaire moyen alors que d’autres, plus ouverts à l’immigration, ont proposé un taux 1,1 ou 1,2 fois plus élevé. En fin de compte, un compromis a été trouvé sur le taux de 1,5, avec des dérogations éventuelles pour réduire ce taux à 1,2 fois la moyenne nationale pour les secteurs en pénurie de main-d’œuvre.
Des pays tels que le Royaume-Uni, la Finlande et l’Allemagne, où la législation ne fixe aucun salaire minimal, auraient rechigné à adopter le concept. Mais ils ont reçu des garanties par rapport au caractère purement statistique de la notion de salaire moyen. Par ailleurs, la carte bleue ne nécessitera pas de modifications dans les lois du travail, ont expliqué des diplomates.
Cependant, les détails doivent encore être élaborés, et la présidence française ne s’attend pas à conclure la directive sur la carte bleue lors du Conseil des 25 et 26 septembre. Mais les attentes sont élevées quant à l’obtention d’un consensus en novembre, ont indiqué des diplomates français.

