Brice Hortefeux, le ministre français chargé de l’immigration, termine actuellement un tour des capitales européennes pour préparer le terrain pour un pacte européen sur l’immigration qui devrait être approuvé par les chefs d’Etat lors d’un sommet en octobre.
M. Hortefeux a déjà visité 18 capitales européennes et compte terminer sa tournée des 27 Etats membres avant le début de la présidence française le 1er juillet, comme l’a déclaré Alain Lamassoure, un eurodéputé français qui compte parmi les conseillers en Affaires européennes du président Nicolas Sarkozy.
Le 9 avril à Bruxelles, M. Lamassoure a déclaré à des journalistes que le pacte européen sur l’immigration devrait probablement être l’un des thèmes dominants du premier Conseil européen qui aura lieu le 15 octobre à Bruxelles. Il a affirmé que la stratégie de M. Hortefeux consistait à reproduire l’approche que la chancelière allemande Angela Merkel avait appliquée avec succès à sa politique énergétique en convenant, dans un premier temps, d’une série commune d’objectifs lors du sommet européen avant de décider des détails à un stade ultérieur. Le Parlement européen devrait approuver l’idée dans une résolution qui doit être votée les 8 et 9 octobre lors de la mini session plénière précédant le sommet.
« Le Président de la République a annoncé de longue date que la question des flux migratoires sera un sujet prioritaire de la Présidence française » a déclaré M. Hortefeux à la délégation européenne du Parlement français le 23 janvier. Il a affirmé que ses réunions avec le commissaire européen chargé de la Justice et des affaires intérieures Franco Frattini, ainsi qu’avec les ministres de l’Intérieur allemand, italien, espagnol et britannique, l’avaient amené à penser que leurs politiques d’immigration étaient « plus ou moins convergentes ». Il a néanmoins déclaré qu’elles « manquaient encore de cohérence » malgré les « fortes attentes de l’opinion publique » sur la question.
Un certain nombre de documents européens sont déjà en préparation, notamment une proposition concernant une carte bleue, la lutte contre le travail au noir et le retour des immigrants clandestins.
Mais d’après M. Lamassoure, les décisions prises par les ministres européens de l’Intérieur lors des réunions du Conseil sont rarement suivies, dans la mesure où chaque pays continue d’élaborer ses propres lois en matière d’immigration par la suite, « comme si de rien n’était ».
M. Lamassoure a expliqué qu’en négociant avec les pays tiers sur le retour des immigrants illégaux, la France avait totalement échoué. Il a affirmé que les 27 pays de l’UE commençaient maintenant à réaliser qu’ils se trouvaient dans une situation similaire. Il a ajouté que la France réalisait que l’immigration zéro est impossible et que l’immigration non contrôlée est inacceptable pour les citoyens.
D’après M. Lamassoure, la valeur ajoutée du pacte européen sur l’immigration sera d’engager les chefs d’Etat de l’UE dans une véritable décision politique qui préparera les bases pour des propositions plus concrètes qui seront présentées une fois que le traité de Lisbonne entrera en vigueur, permettant à l’UE de prendre des décisions à la majorité qualifiée avec une base juridique plus solide.

