Le Premier ministre slovaque Robert Fico a réagi aux remarques du commissaire européen à la Justice Didier Reynders, qui a informé la Slovaquie des conséquences potentielles du démantèlement du bureau du procureur spécial (SPO) chargé d’enquêter sur les crimes les plus graves et les affaires de corruption.
M. Reynders a déclaré que la Commission prendrait des mesures à l’encontre de la Slovaquie si elle adoptait des modifications du droit pénal qui enfreignent les lois de l’Union européenne, alors que le gouvernement slovaque a déjà ignoré la semaine dernière l’appel de la Commission à faire des efforts pour réformer le Code pénal du pays.
Le Premier ministre slovaque, Robert Fico, s’est emporté contre lui : « Il est dommage que le commissaire n’ait délibérément pas indiqué les raisons pour lesquelles le gouvernement procède à l’abolition du SPO ».
M. Fico affirme qu’« il existe des dizaines de conclusions de la Cour constitutionnelle sur les infractions aux droits humains » et que M. Reynders en est informé. « Je ne commenterai pas maintenant les raisons qui l’ont poussé à dissimuler ces faits graves », a fait remarquer M. Fico.
Le Premier ministre a également attaqué verbalement les députés slovaques de l’opposition qui ont critiqué les mesures prises par son gouvernement en séance plénière. Dans une vidéo intitulée « les rats slovaques au Parlement européen », il déclare que « même les rats ne feraient pas ce qu’ils ont fait », affirmant que « leur intention est de nuire à la Slovaquie ».
« Il est évident que le plan de démantèlement du SPO est délibérément lié aux efforts déployés pour aider les personnes associées au Smer », a déclaré l’eurodéputé slovaque de l’opposition Ivan Štefanec (Parti Populaire Européen/PPE).
Le bureau du procureur spécial a, par exemple, supervisé l’affaire de corruption contre le candidat du Smer, Dušan Kováčik, qui a été condamné à huit ans de prison, ainsi que l’affaire contre l’actuel député du Smer, Tibor Gašpar.
L’opposition aux projets des gouvernements concernant le bureau du procureur spécial s’intensifie malgré l’approche des congés d’hiver. Cette semaine, des milliers de Slovaques sont descendus dans la rue pour participer aux manifestations publiques organisées par l’opposition.
Des militants et des organisations civiles se mobilisent également, notamment l’organisation Pour une Slovaquie décente (Za slušné Slovensko), qui a organisé les manifestations de 2018 à la suite du meurtre du journaliste d’investigation slovaque Ján Kuciak.
À l’époque, ces manifestations avaient entraîné la démission de M. Fico de son poste de Premier ministre.


