« Je me sens citoyenne du monde »

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Dans le cadre d’un projet de sensibilisation au journalisme, Euractiv.fr part à la recherche de l’Europe dans le 93, notamment avec ce témoignage de Typhaine qui s’est construite au cœur d’un mélange de culture et de traditions.

Typhaine Delcroix a 17 ans, elle est scolarisée en Première scientifique au Lycée Eugène Henaff à Bagnolet. Plus tard, elle aimerait intégrer une école de cinéma pour y faire de la réalisation.

Je suis née en France, d’une mère d’origine algérienne et d’un père d’origine polonaise. Et je me sens plus proche de mes origines kabyles. Du côté de mon père, il n’y avait que mon arrière-grand-mère qui perpétuait la tradition polonaise. Et la seule chose dont je me souvienne c’est une recette qu’elle nous avait laissée ! À l’inverse, j’ai grandi aux côtés de mes grands-parents maternels qui sont nés en Algérie. Ils ont été fortement influencés par la culture française, ce qui m’a permis de recevoir une culture mixte dès le départ.

Par mixte je veux dire que je n’ai pas une culture propre à un seul pays. Ma culture se résume à un mélange de tout ce qu’on m’a appris et partagé. Par exemple, on célèbre toutes les fêtes religieuses importantes de chaque religion qui composent ma famille : Noël, mais aussi l’Aïd. On partage des croyances et une culture différente, mais on œuvre pour tout regrouper. C’est comme si on prenait un mixeur et qu’on y versait un peu de chacun de nous.

Du côté de mon père, on est catholiques. Alors que de celui de ma mère on est plutôt musulmans. On ne m’a jamais imposé aucune des deux. Ma famille m’a simplement donné la foi. Donc je suis déiste : je crois en Dieu sans avoir de religion. Je m’impose mes règles et mes limites. Mon maître mot c’est la bienveillance.

Je me sens à la fois française, algérienne et polonaise. Mais plus encore , je me sens citoyenne du monde. Ma famille est composée de diverses ethnies, passant de l’Allemagne au Maroc, de la Thaïlande à l’Algérie, de la Pologne à la Belgique. De ces unions, encore plus d’ingrédients dans le mixeur ! Ils m’ont appris des danses traditionnelles, des plats typiques de leur région, et m’ont fait écouter leurs musiques préférées. J’ai aussi dû améliorer mon anglais rapidement, mes tantes parlant uniquement l’anglais et le thaï, c’était notre langue de communication.

J’ai une tante thaïlandaise. Elle m’a conté son enfance dans son pays natal. Mes grands-parents aussi me racontent des histoires de leur jeunesse au cœur d’Alger et de la Kabylie. Et j’ai ce sentiment d’appartenance. Ils ne m’ont pas immergé dans leur culture, ils m’y ont intégré. Je le sens dans ma vie quotidienne, dans mes habitudes, mes manières, dans ce que je cuisine et dans ce que j’aime. Et surtout ça m’a donné envie de toujours découvrir plus, ça a généré en moi une source infinie de curiosité !

J’ai beaucoup parlé de mes origines, mais je me sens aussi française. La France est une partie fondamentale de ma culture. Rien que le fait d’avoir le français pour langue natale me fait me sentir française. Lorsque mes grands-parents sont arrivés en France, ils n’avaient même pas 20 ans. Du coup, ils ont fortement influencé leurs enfants (ma mère) aussi. Et puis il y a l’école ! On nous apprend l’histoire et la géographie de notre pays alors forcément ça joue beaucoup.

Je ne veux jamais arrêter de découvrir et d’apprendre. Je crois profondément que la mixité est une richesse et que c’est ce mélange qui a fait de moi qui je suis aujourd’hui. Je ne changerais pour rien au monde.

Cet article est publié dans le cadre du projet l’Europe dans le 93 porté par Euractiv en partenariat avec l’association la ZEP et avec le soutien de la Commission européenne. Ce projet vise à faire découvrir le journalisme en parlant d’Europe à plusieurs classes de lycéens de Seine Saint Denis, ainsi qu’à des étudiants de Paris 8. 

 

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